COMMENT VIVRE LE TROISIÈME MILLÉNAIRE

 

À toi...jeune étudiant, étudiante d’Haïti, qui viens de terminer tes études collégiales, et te prépares à écrire une nouvelle page de ton histoire, à l’Université ou sur le marché du travail.

 

 

Jusqu’ici, tu as été relativement bien protégé et encouragé par les cadres et les valeurs de la famille, de ton collège, de ton peuple. L’heure est arrivée pour toi, de couper le cordon ombilical, de voler de tes propres ailes, de faire les choix qui conviennent dans un monde qui ne te rendra pas la tâche facile. L’horizon majeur de notre temps, c’est le libéralisme. C’est ce système, cette attitude philosophique, politique, économique qui donne le ton aujourd’hui. Le libéralisme met au pre­mier plan les choix de l’individu. La société est seconde, elle est pour l’individu. La religion est retenue mais est circonscrite à la sphère privée. Dans le système libéral, l’individu fait ses propres expériences face à une pluralité de choix et d’options.

 

 

L’heure est donc venue pour toi d’apprendre à faire des choix. C’est un apprentissage, un art, une grâce. Comme tu es chrétien, je te dirai: des choix à faire avec l’Esprit-Saint. Tu auras à choisir d’être et devenir haïtien; choisir de faire corps avec ceux et celles qui disent oui à une « culture de la vie » et non à une  « culture de la mort ».

 

 

Tu ne pourras pas ne pas choisir. En faisant les bons choix, tu aideras à planter les semences d’un nouveau modèle d’humanité et d’Haïti. Chaque bonne décision t’offrira l’occasion de te laisser recréer par Dieu, et par sa puissance, tu deviendras historiquement l’auteur de ta propre création. Tu es ce genre de personne que Dieu, l’Église, le monde et Haïti attendent.

 

 

Mets-toi en marche! Va plus loin! L’Esprit du Seigneur est en toi, N’aie pas peur.

 

 

Croire en Dieu, choisir la foi contre l’incrédulité, l’espérance contre le désespoir, l’amour contre la haine, la justice contre l’exploitation, la vérité et la transparence contre le mensonge et le marronage, la non-violence active et organisée contre la violence qui tue; tous ces choix demandent du courage.

 

 

Ose faire ces choix, ce sont eux qui sont les germes de l’avenir et qui donnent un sens à l’existence humaine. Si tu les fais, certes, tu auras à souffrir et rencontrer des résistances, mais tu expérimenteras en même temps le goût de vivre et de ressusciter, car tu auras donné la vie.

 

 

Pour mener un tel combat spirituel, sur quelle fondation vas-tu construire? Sur Jésus-Christ. Quelles seront tes armes? Les armes de l’Esprit. Quel sera ton hori­zon, ton utopie? Le grand projet de Dieu-Père, qui veut une terre nouvelle et des cieux nouveaux, où nous vivrons comme frères et soeurs, travaillant ensemble pour faire mourir tout ce qui est division, préjugés, racisme, injustice, exclusion des pauvres, mauvaise utilisation des ressources de la planète, égoïsme et individua­lisme.

 

 

Un aspect de ton combat spirituel en solidarité avec Dieu, ainsi qu’avec tous ceux et celles qui mènent le même combat, c’est d’apprendre à faire un bon usage des progrès actuels de la science et de la technique sans les laisser te prendre ton âme. Nous constatons avec joie que la science et la technologie font des pas de géants, mais nous constatons avec douleur que la personne humaine ne grandit pas avec la même vitesse.

 

 

Nous restons des nains en face du géant - la SCIENCE. D’où cette peur, cette angoisse de l’humanité d’aujourd’hui: nous avons peur que ce que nous-mêmes nous avons créé, nous laisse bien loin derrière et nous conduise vers l’absurde.

 

 

Pour mener ce grand combat spirituel, il faut avoir le courage d’aimer, le courage d’exister; et pour toi, le courage d’être jeune. Ton secret sera toujours la relation personnelle avec Dieu, et ta capacité de découvrir les petits réseaux, ici et là, de ceux et celles, chrétiens, chrétiennes ou non chrétiens, qui font le pari de rêver et de travailler pour une autre société. Pour cela:

 

 

1) - Il faut laisser le cri de la douleur du monde et du pays résonner dans ton propre coeur. Exister, aimer, c’est se solidariser avec la souffrance de nos frères et soeurs; se solidariser aussi avec Dieu qui souffre de la souffrance de ses enfants.

 

 

2) - Il faut aussi prier, prier avec tous ceux, toutes celles qui croient que la prière fait partie des armes spirituelles dans le combat contre le mal pour l’avènement d’un monde nouveau. Prier aussi avec l’Esprit-Saint qui gémit avec nous pour l’enfantement d’une création nouvelle. Prier, c’est une façon d’exister devant Dieu et devant les autres.

 

 

3) - Prier mais aussi travailler, travailler avec Jésus qui nous dit que son Père et Lui sont toujours au travail pour que les choses et les mentalités changent. Il y a dans le monde et chez nous, en Haïti, des structures et des systèmes de mort qui devront avec le temps disparaître; il y a aussi une mentalité à laquelle nous devons résister pour la remplacer par une autre qui soit plus digne de nous et plus digne de Dieu.

 

 

Oui, travailler, faire quelque chose, et ne pas rester les bras croisés. Donc, bien discerner ce que Dieu te demande d’apporter comme travail original dans la cons­truction de l’histoire du 21ème siècle. Tu dois agir, la paresse est une démission, un refus de solidarité avec les autres qui sont sur le chantier et qui mettent la main à la pâte.

 

 

4) - Il ne s’agit pas cependant de tout faire, tu n’en es pas capable. Il s’agit de faire ta part, et accepter tes limites. Tu plantes, et tu laisses le Bon Dieu faire fructi­fier ce que tu as semé.

 

 

Tu fais tout ce qui dépend de toi, le résultat étant entre les mains de Dieu. Tu fais quelque chose avec beaucoup d’autres qui font leur petite part et Dieu fait la synthèse de tout cela.

 

 

Sauver le monde, sauver Haïti dans leur ensemble, c’est la mission de Dieu. Notre mission à nous, c’est de faire notre part, collaborer, avec courage, sans médio­crité, alliant spiritualité (notre vie en Dieu) et compétence, professionnalité (notre capacité et notre travail bien fait).

 

 

5) - Faire aussi le pari de l’espérance; espérer avec d’autres que demain sera bon; espère cela et engage-toi, travaille, lutte avec ceux et celles qui luttent, croyants et non croyants, chrétiens et non chrétiens, tous ceux et celles qui luttent pour que le 3ème millénaire soit qualitativement meilleur que le 2ème . Ne pas espérer est une lâcheté.

 

 

Ne pas lutter pour gagner le pari de l’espérance, c’est être parasite, attendant les fruits du combat sans y avoir participé. Mets-toi en marche, va plus loin, ne baisse pas les bras car notre Dieu aime sa créature, aime Haïti et ne veut pas qu’elles soient détruites. Dieu ne baisse jamais les bras.

 

 

Je vais essayer maintenant de te proposer à partir de ce que je viens de te dire quelques attitudes humaines et chrétiennes, qui pourraient te servir de points de re­père dans ta marche historique en ce 3e millénaire. Et ce, même au risque de me répéter.

 

 

Tu verras toi-même comment établir un lien entre elles. Si tu veux les articuler, ce thème pourrait te servir de synthèse: « Va trouver tes frères et tes soeurs du monde et d’Haïti pour une société plus belle, mais vas-y avec toutes tes forces spirituelles, bien branchées sur Dieu, le Dieu révélé par Jésus ».

 

 

Ou encore « Comment vivre le troisième millénaire? » Mais bien clarifier dès le départ que je me situe à partir de ma foi chrétienne. Ces attitudes pourraient être alors formulées de la façon suivante:

 

 

1. Notre travail, ce n’est pas d’abord pour faire de l’argent. C’est d’abord pour apporter notre contribution à la construction du Règne de Dieu et d’un monde meilleur. De ce travail pour le Règne de Dieu et le service de nos frères et soeurs, nous gagnons notre vie, une vie décente. Mon travail, c’est ma participation, ma contribution au monde et à mon pays.

 

 

2. Dans notre travail et notre profession, articuler mystique ou spiritualité (c’est-à-dire notre relation avec Dieu, avec l’Esprit-Saint) et notre compétence, habileté (volonté et capacité de bien faire les choses en ayant horreur de la médiocrité).

 

 

3. Nous rappeler que les rennes du monde et de l’histoire sont entre les mains de Dieu et non des hommes. L’histoire n’est pas seulement les règles de jeu socio-économiques et politiques du Néo-libéralisme et de la globalisation. Non, car elle a une finalité du point de vue de Dieu. L’histoire, c’est l’histoire du Salut. Rien, personne ne pourra enlever à Jésus sa victoire sur la mort et le péché.

 

 

4. Notre bonne volonté, notre effort est nécessaire et important. Dieu veut notre collaboration. Mais Dieu ne va pas faire dépendre le salut de l’histoire et de l’humanité de la seule bonne volonté de la personne humaine. Il connaît trop notre fragilité. Notre fidélité est importante mais c’est la fidélité de Dieu qui est notre espérance et l’espérance de l’Église. Dieu nous a créé limités, pauvres, fragiles et sait que nous pouvons le trahir n’importe quand. Voilà pourquoi, là où nos pé­chés abondent, la grâce de Jésus-Christ surabonde.

 

 

Cette confession de la foi, ne nous invite pas à moins d’effort, mais au contraire à plus d’amour et à un plus grand don de nous-mêmes; à une plus grande espé­rance, une espérance contre toute désespérance, contre toute forme de désespoir. C’est une attitude chrétienne qui nous invite à un engagement total de nous-mêmes mais dans un acte de confiance et d’abandon à Dieu. À nous, de chercher des solutions de libération socio-économiques, politiques et culturelles. À Dieu, le salut du monde car Dieu seul sauve.

 

 

5. Notre peur face à l’avenir doit être raisonnable, c’est-à-dire pas une peur paralysante, traumatisante. Ce doit être la peur que les choses n’aillent pas comme Dieu le veut. Une peur qui nous fait participer à la douleur, à la souffrance de Dieu; une peur qui nous fait nous interroger sur nos propres péchés et qui nous invite à un plus grand engagement.

 

 

6. Prendre au sérieux notre rôle d’intercesseur, c’est-à-dire intercéder, prier pour que le Règne de Dieu arrive comme Jésus nous demande de le faire dans le Notre Père. Etre intercesseur, c’est-à-dire prendre en main les intentions, le projet de Dieu. Notre attitude pourrait se résumer ainsi: Nos deux mains levées en l’air en signe d’invocation vers Dieu, et nos pieds bien fermes sur une terre à transformer. Part de Dieu, part de l’homme.

 

 

7. Prendre conscience qu’il y a des saints, des saintes dans le monde et dans notre pays; ceux-ci sont les pauvres de Dieu, les consolateurs et consolatrices de Dieu, les grands bienfaiteurs de l’humanité et de l’Église.

 

 

8. Apprendre à découvrir le bien, « Le Royaume en semence », qui se fait aujourd’hui. Cette découverte invitera à la joie et à l’action de grâce. La télé, les jour­naux, c’est nécessaire, ils informent mais ils ne suffisent pas pour nous dire tout ce qui se passe dans le monde. Il y a du bien partout, même si la presse en parle peu ou parfois pas du tout.

 

 

Comme Dieu, le Bien est discret. Le Mystère Pascal est fait de souffrance et de joie, du Vendredi Saint et du Dimanche de Pâque; au temps de Jésus et en notre temps, il n’est pas possible d’opposer ces deux pôles de l’humaine condition.

 

 

9. Savoir discerner et nommer les signes des temps, c’est-à-dire les nouvelles formes d’existence qui vont apporter leur contribution positive à l’histoire du 21ème siècle. Et même quand nous ne voyons pas clairement de signes, apprendre comme Abraham à marcher sans signe, dans la Foi. Apprendre à marcher sans signe est présence d’une vie spirituelle adulte.

 

 

10. Etre honnête et avoir le courage d’accepter que notre monde d’aujourd’hui est un monde nouveau en beaucoup d’aspects. L’assumer pour voir quelles sont les valeurs à accueillir, et les non-valeurs à combattre. Regarder notre monde sans désespoir et sans être déprimé. Mais seuls ceux et celles qui font quelque chose pour l’espérance et pour le changement recevront le don de l’espérance et auront droit d’espérer.

 

 

11. Vivre les valeurs permanentes d’hier et d’aujourd’hui. Mourir aux non valeurs d’hier et d’aujourd’hui. L’amour, la justice, le travail, la vérité, la beauté, le ser­vice, le partage, le pardon, la réconciliation, la transparence, la solidarité, l’option pour les pauvres et les petits sont des valeurs pour tous et pour tous les temps.

 

 

12. Tout n’est pas nécessairement la volonté de Dieu mais tout peut devenir grâce et providentiel à partir de l’angle de la Foi.

 

 

C’est une expérience spirituelle qui a la capacité de nous faire vivre dans l’admiration et la louange de Dieu, en voyant comment son amour est tout puissant, capa­ble de nous élever à partir de nos misères et de nos blessures.

 

 

13. Apprendre dans la Foi à voir Jésus vivant, présent, agissant, transformant, divinisant ce que nous humanisons, selon la belle expression du Père François Va­rillon: Apprendre à voir Dieu présent dans l’Église, mais aussi hors de l’Église; dans les croyants, mais aussi dans les non-croyants. Etre content pour Dieu et avec Dieu quand le bien se fait; peu importe d’où vient ce bien. En effet, si tous n’ont pas la Foi en Dieu, tous reçoivent la grâce de Dieu.

 

 

14. Dire Non à la médiocrité, à la paresse, car aimer c’est aimer plus et c’est aimer mieux. Aller au-delà de la loi pour nous laisser conduire par l’Esprit. L’Esprit nous donne du souffle pour inventer, imaginer, créer. Nous sommes co-créateurs et co-créatrices et architectes de Dieu.

 

 

15. Chaque époque reçoit sa part de grâce de la part de Dieu. Dieu aime le monde et est au travail par son Esprit, et avec nous, pour le rendre meilleur. Ne pas dire ni croire que le monde est maudit, qu’Haïti est maudite. Mets-toi au travail, et c’est tout. Ne rendons pas Dieu responsable de nos démissions.

 

 

16. Redécouvrir le visage du Dieu de la nouvelle alliance. Un Dieu dont la toute puissance c’est l’Amour. Un Dieu discret, humble, effacé. En Jésus, la croix et l’échec deviennent le lieu de la Gloire de Dieu. Jésus, Fils de Dieu, a vécu sa condition humaine sans recourir à ses privilèges divins.

 

 

Apprendre alors à développer une pédagogie de l’erreur, de l’échec, du « petit et du faible ». Une telle pédagogie ne conduit pas à une spiritualité de « démission » mais de « construction », à partir de la seule force de l’amour et à partir du faible et de l’exclu.

 

 

17. Etre libre face à la société de consommation. Vivre modestement. Vivre la pauvreté évangélique ayant Dieu comme notre richesse absolue, disant Non à tou­tes les idoles.

 

 

Nous éduquer à la liberté que donne le détachement, être capable par exemple d’entrer dans un super marché sans y laisser notre âme. Cette liberté face aux cho­ses nous rendra libres et disponibles pour aimer et servir.

 

 

18. Faire notre « Examen et Révision » chaque jour pour voir comment avec l’Esprit-Saint nous avons vécu devant Dieu, notre journée. Chacune de nos journées est une page de l’Histoire du Salut et de notre propre itinéraire.

 

 

19. Vivre comme des contemplatifs dans l’action, unis à Dieu en toutes choses. Apprendre à voir Dieu en toutes choses et toutes choses en Dieu. Autrement dit, vivre tous les aspects de sa vie en Dieu et devant Dieu.

 

 

20. Bien soigner notre intérieur et développer notre capacité de silence comme condition pour que nos paroles ne soient pas stériles, mais des paroles qui donnent la vie.

 

 

Pour y arriver, apprendre à aller partout avec notre désert au-dedans, pour faire face aux événements. Sans notre équipement spirituel et intérieur, l’extérieur et les événements nous trouveront comme des personnes qui n’ont pas d’adresse.

 

 

21. Écouter le cri du pauvre qui est en nous. Ne soyons pas sourds à ce cri. De là, jailliront la prière, l’adoration, et l’appel au secours. Nous reconnaîtrons ainsi notre vulnérabilité, notre fragilité et celles des autres, notre besoin d’aide et celui des autres; nous comprendrons alors bien des choses: nous nous accepterons nous-mêmes et nous accepterons les autres; nous nous pardonnerons à nous-mêmes et aux autres. Nous haïrons le péché et aimerons le pécheur. Nous appren­drons à ne pas opposer exigence et tendresse.

 

 

22. Ce n’est pas nous qui sauverons le monde, ni notre pays. Il est bon de le redire. C’est Jésus-Christ à qui Dieu le Père a confié cette mission. Mais à chacun(e) de nous, selon son charisme, est donnée une mission singulière, unique, originale pour apporter sa part au travail de Dieu. Nous sommes consacrés par l’Esprit-Saint pour réaliser notre tâche, nous et les autres. Et Dieu rassemblera chaque apostolat particulier pour lui donner un sens universel. Accomplir toutes nos actions personnelles et communautaires, grandes et petites pour qu’elles aient un impact positif et universel sur toute l’humanité.

 

 

Le bien que je fais, a des effets positifs sur toute la société. Et le mal que je fais, même le plus secret et le plus privé, fait du tort au reste du monde car par le mal et le péché ma relation avec les autres n’est pas la même que si j’avais fait le bien.

 

 

23. Apprendre à unir nos efforts avec ceux des autres pour être plus efficaces. Seul(e)s, nous n’irons pas loin. Également bien identifier nos ami(e)s sur lesquels compter, car la vie est trop lourde pour la porter seul(e). Nous avons besoin des autres.

 

 

24. Regarder les lieux suivants: l’Église, les dogmes, les sacrements, la vérité, la prière, les commandements de Dieu en termes de lieux de relation, relation filiale avec Dieu le Père, relation fraternelle avec Jésus le Fils, ainsi qu’avec mes soeurs et frères humains, relation amicale avec l’Esprit-Saint, qui est notre hôte intérieur. C’est Lui qui nous donne des intuitions pour inventer, créer, imaginer, et la force pour tenir debout dans les moments difficiles de la vie.

 

 

25. Prendre conscience de notre sacerdoce baptismal et le vivre à chaque instant avec le Christ. Toute notre existence, tout notre être est sacerdotal et est à vivre comme offrande à Dieu et à nos frères et soeurs.

 

 

Nous sommes en effet avec le Christ:

 

 

. Prêtres pour nous offrir à Dieu avec toute la création.

 

 

 

 

. Prophètes pour agir et parler au nom de Dieu.

 

 

. Rois, reines pour rassembler, faire l’unité et la communion des enfants de Dieu dispersés.

 

 

26. Prendre conscience du rôle important que vont jouer le laïc et la femme au 21ème siècle, dans la société et dans l’Église.

 

 

27. Laisser Dieu être Dieu, comme nous l’avons déjà dit, car Il est plus grand que tout; plus grand que les empires, que les rois, l’Église, les institutions, les systè­mes politiques, les idéologies, le système néo-libéral, plus grand que nous-mêmes.

 

 

Tout passe, mais Dieu ne passera pas. L’amour ne passera pas. Cette prise de conscience dans la Foi, nous donnera paix et liberté face à tout; et aussi la capacité de relativiser bien des choses et de le regarder avec humour.

 

 

28. La complexité des choses et de notre monde nous invite à une grande humilité. À cause de cette même complexité, nous devons essayer à être le plus possible bons et miséricordieux comme Dieu lui-même et de laisser l’amour être ce qu’il y a de plus profond dans notre vie et nos actions.

 

 

29. Le mot clé aujourd’hui, c’est globalisation et MONDIALISATION. Mondialisation du marché, du commerce, du profit. Dans cette quête d’efficacité, les grands perdants, ce sont toujours les pauvres. Apprenons à donner toute sa place à la gratuité, seule façon de ne pas exclure les pauvres. En réalité, la gratuité est source d’efficacité car, c’est elle qui nous permet de chercher l’intérêt de l’autre dans notre rapport avec lui. Dieu est efficace parce qu’il est Amour absolument gratuit.

 

 

30. Dans ce monde de globalisation et de mondialisation, globalisons notre foi, notre espérance, notre amour et notre justice, cela signifie que nous aurons à agir toujours et en tout à partir de la perspective de Dieu.

 

 

Globalisons notre foi qui n’est pas d’abord et avant tout une chose ou une doctrine mais une façon de vivre et d’exister en Dieu, à la suite de Jésus, animé de l’intérieur par l’Esprit-Saint.

 

 

Globalisons notre espérance en regardant l’avenir avec Dieu. L’espérance, ce n’est pas seulement l’attente des changements à venir, mais surtout l’attente active et confiante du Dieu Présent et qui vient. Espérer, c’est alors croire que la grâce de Dieu ne fera pas défaut à l’heure opportune.

 

 

Globalisons notre amour et notre justice, les deux devant toujours s’exercer ensemble. Il s’agit, comme Dieu, d’aimer et respecter chaque être humain et toute la création.

 

 

31. Pour nous chrétiens, chrétiennes, il nous apparaîtra enfin de plus en plus clair en ce 3ème millénaire, que si nous voulons un monde plus beau, la spiritualité, c’est-à-dire, la vie en nous de l’Esprit de Dieu, sera un impératif catégorique. La spiritualité authentique est celle qui intègre dans la personne toutes les dimensions de son être pour le mettre au service de la société et du prochain.

 

 

Le plus grand appel, le vibrant SOS que lance la spiritualité à tous les hommes et à toutes les femmes d’aujourd’hui, c’est que nous tous, nous toutes, enfants de cette terre, nous tous enfants de Dieu, que nous construisions l’unité dans la différence.

 

 

C’est l’Unité qu’il faut globaliser, l’unité dans la richesse des différences, différence des peuples, des races, des cultures, des religions, des sexes. Alors, au­jourd’hui encore, Jésus continue de prier, et nous-mêmes, participons à sa prière: « Père qu’ils soient Un comme Toi et Moi nous sommes Un ». Et la Réalité di­vine d’un seul Dieu Père, Fils, Esprit demeurera la Grande Utopie qui peut donner les énergies nécessaires pour le 3e millénaire.

 

 

32. Enfin, fais de ta vie spirituelle, ta vie dans l’Esprit, ta vie en Dieu, la fondation sur laquelle se construira toute ta vie. Si tu édifies sur Dieu, tu ne le regretteras pas; le monde et Haïti en bénéficieront. Cette décision capitale, tu la prendras en ce 3ème millénaire où ils sont nombreux ceux et celles qui ne perçoivent plus le sens de leur existence.

 

 

Viens donc apporter ta part de lumière à notre humanité qui se cherche. Je veux te souhaiter avec St Augustin de chercher Dieu pour le trouver; et avec St Ignace de Loyola, je te souhaite de trouver Dieu pour le chercher.

 

 

Bonne route sous la mouvance de l’Esprit!

 

 

Celui-ci sera toujours pour toi, souffle de vie et vent de liberté. Avec Lui, par Lui et en Lui, sème partout sur ton chemin, des semences d’Amour.

 

 

Voilà ce qu’attendent de toi, ton Dieu, ton pays et toute l’humanité.

 

 

 

 

P. Godefroy Midy, S.J.

 

Haïti