Les Serviteurs Vigilants

Lc 12:35-38

 

par Nil Guillemette s.j. [1]

 

            «35 Soyez en tenue de travail et ayez vos lampes allumées. 36 Quant à vous, soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour d’une noce. Ils lui ouvrent aussitôt qu’il vient et qu’il frappe. 37 Heureux ces serviteurs que le maître à son arrivée trouvera sur le qui-vive! Je vous le dis: il se mettra en tenue de travail, les fera mettre à table et les servira. 38 Qu’il les trouve ainsi même s’il arrive tard, au milieu de la nuit ou même plus tard, heureux seront-ils!»

 

 

1- Remarques générales

 

            Cette péricope vient à la suite d’une exhortation à la confiance en la divine Providence et au détachement des possessions matérielles. Elle ressemble de près à Mc 13:34-37, mais possède un caractère plus positif de promesse. Il est impossible de déterminer les circonstances dans les­quelles elle fut prononcée.

 

2- Analyse

           

            V. 35 - Le texte grec dit littéralement : «Tenez vos reins ceints». Ceci est la préparation normale pour un travail ardu: on se passe à la taille une ceinture ou un cordon quelconque pour empêcher sa tunique flottante de nuire à la liberté de mouvement.

            Les lampes allumées seront utilisées pour guider le maître dans l’obscurité; dans un monde sans électricité, ces lampes sont de première importance la nuit, et l’on ne peut rien faire sans elles, pas même ouvrir la porte d’entrée d’une maison.

 

            V. 36 - La mention d’une noce est ici un simple détail parabolique fournissant un motif pour l’absence du maître et pour son retour à l’improviste; mais tout autre motif aurait pu être avancé: un voyage, une visite à un amis, etc. Cette noce n’est pas celle du maître lui-même, car elle aurait eu lieu dans sa maison.

            Les serviteurs se tiennent dans la cour intérieure, entre la maison et le portail extérieur. Ils ont rentré leur robe dans leur ceinture de façon à pouvoir ouvrir le portail promptement lors­que leur maître frappera ou appellera de l’extérieur, et ils portent des lampes afin de pouvoir éclairer son chemin jusqu’à la maison.

            Tous les serviteurs doivent veiller! Ce détail anormal (car il suffirait d’un ou de deux servi­teurs pour accueillir le maître) est très probablement allégorique et renvoie au fait que tous les humains attendent la Parousie.

 

            V. 37 - «Je vous dis» traduit «Amen , je vous le déclare», une formule qui ne revient que six fois chez Luc et qui introduit toujours quelque chose de scandalisant ou d’emphatique.

            Au Moyen-Orient les rôles traditionnels de maître et de serviteur sont bien définis (voir par exemple Lc 17:7). Qu’un maître serve ses propres serviteurs est quelque chose d’absolument inédit – et cependant, voyez comment Jésus parle et agit en Lc 22:27 et Jn 13:3-5.

            Un banquet servi aux serviteurs au milieu de la nuit est un détail anormal (qui l’a pré­paré?, pourquoi ne pas envoyer au lit les serviteurs fatigués et célébrer le jour suivant?) et doit très probablement être compris comme étant allégorique. Ici il ferait allusion au banquet céleste du Royaume de Dieu. Dans son ensemble, cette parabole est en fait une allégorie de ce que Jésus décrit ailleurs en langage «direct» lorsqu’il dit : «Vous mangerez et boirez à ma table en mon Royaume» (Lc 22:30).

 

            V. 38 - Ici le texte dit littéralement «s’il vient à la seconde ou à la troisième veille» et ré­fère à la division juive de la nuit en trois veilles; l’usage romain était de quatre veilles. Ce verset envisage un intervalle de temps avant la Parousie.

 

3 - Leçon

 

            De même que les serviteurs qui ont fidèlement fait le guet pour accueillir leur maître arri­vant tard la nuit seront grandement récompensés, ainsi également les disciples qui auront fidèle­ment attendu la Parousie du Fils de l’homme seront-ils grandement récompensés à sa venue.

 

4 - Difficultés

 

            Il n’y a ici que deux problèmes mineurs.

            Le premier concerne le v. 37b, la déclaration au sujet du maître servant à la table de ses serviteurs. Certains auteurs prennent ce demi-verset pour une création lucanienne ou une addi­tion ecclésiastique. Ceci est linguistiquement possible, mais on n’a pas encore pu apporter un argument décisif en faveur de cette hypothèse.

            Le second problème concerne la relation entre ce passage et Mc 13:34-37 (dans lequel on recommande à des serviteurs d’être vigilants): la parabole de Luc est-elle une autre version de Mc, ou les deux passages reflètent-ils la même source? La discussion sur cette question est en­core tâtonnante.

 

 

RÉFLEXION

 

            Nous savons tous ce que c’est d’attendre. Chaque jour nous devons attendre un autobus, un programme de radio, un appel téléphonique, une lettre, un ami, un repas. Et à chaque fois que nous attendons quelque chose ou quelqu’un, nous avons le sentiment qu’un vide doit être com­blé. Ceci n’est pas un  vague sentiment, un malaise indéfinissable; au contraire, nous avons af­faire ici à un sentiment fixé sur quelque chose de très précis. Et si quelqu’un nous demande: «Qu’attendez-vous?», nous sommes en mesure de répondre immédiatement en nommant la chose ou la personne que nous attendons.

            Jésus nous exhorte dans ce passage à être des gens qui attendent. Ceci veut dire que tou­tes les menues occasions d’attente que nous rencontrons chaque jour ne sont, en dernière analyse, que de modestes rappels de notre vraie vocation. Et si , à un niveau superficiel, nous avons le sentiment dans nos attentes quotidiennes qu’un vide doit être comblé, nous devrions aussi res­sentir, mais ceci à un niveau beaucoup plus profond, que Quelqu’un nous manque.

 

            Malheureusement, beaucoup de gens ne savent pas de quel vide ils souffrent. Ils sont en attente, car ceci fait partie intégrante de l’existence humaine elle-même, mais ils ne savent pas très bien ce qu’ils attendent. Avec eux, leur attente n’est pas fixée sur un Être défini; elle de­meure seulement au niveau d’un vague malaise. Si on leur demandait: «Mais qu’attendez-vous enfin?», ils ne sauraient trop quoi répondre. Ou plutôt, ils répondraient erronément quant à l’objet de leur attente. Ils répondraient qu’ils attendent le grand amour de leur vie, le succès en affaires, la santé, la célébrité, la sortie de prison, la fin de leurs études, la retraite, la naissance d’un enfant, la fin d’une crise éprouvante. Cependant, au fur et à mesure qu’ils atteignent l’objet de leur attente, ils prennent conscience qu’au fond ils désiraient quelque chose d’autre. Et, une fois que ce quelque chose d’autre est atteint, leur attente est reportée sur encore un autre objet. Ils sont comme un malade fiévreux qui s’agite et remue sans cesse dans son lit, incapable de trouver la bonne position qui lui donnerait le repos.

 

            «Quant à vous, dit Jésus à ses disciples, soyez comme des gens attendant leur maître...» (v. 36). Ici le texte grec souligne le vous, comme si Jésus opposait implicitement deux catégories de personnes, ceux dont l’attente humaine demeure une nostalgie sans direction, et ceux dont l’attente est tout entière centrée sur un unique objet: le Maître qui vient. Le but suprême de notre existence, nous dit Jésus, est d’attendre et d’accueillir ce Maître. Car lui seul peut combler notre vide congénital. Sans lui nous sommes des boussoles détraquées qu’aucun pôle magnétique ne stabilise dans une direction donnée. Lui seul donne sens et direction à nos vies.

 

             A cet égard nous devons nous questionner sérieusement. Si quelqu’un nous demandait à brûle-pourpoint : «Qu’est-ce que vous attendez?», serions-nous capables de répondre spontané­ment, d’un seul élan de notre coeur: «Mais j’attends Jésus-Christ, bien sûr!»

 

            Nous, les disciples de Jésus, avons l’incroyable bonne fortune de savoir que nos nostal­gies secrètes ne sont pas simplement cette vague indisposition qui naît et meurt avec nous, et que nous devons supporter en nous comme une blessure incurable. Si nous souffrons dans le creux de notre être, ce n’est pas seulement parce que l’être humain est fatalement un protoplasme angoissé dont la seule noblesse est d’affirmer sa passion inutile (Sartre) en face d’un univers indifférent. Si nous souffrons dans le creux de notre être, c’est parce que nous attendons toujours d’être comblés par notre Bien-Aimé. Notre figure est tournée vers sa lumière. Notre coeur sait bien à quelles fiançailles il est promis. Oui, il vient Celui qui est le Maître de nos vies. Et de savoir que chaque heure qui passe nous rapproche de sa venue, nous remplit de joie.

 

              Parler d’attente est parler de préparation. On attend l’autobus en se rendant à l’arrêt d’autobus. Si on attend un appel téléphonique, on ne va pas prendre une douche ou commencer une tâche absorbante; on va s’asseoir près du téléphone et on tue le temps à lire le journal. Si une jeune fille attend son prétendant, elle va mettre de l’ordre dans la pièce où elle va le recevoir, elle s’habillera avec soin, elle verra à ce que douceurs et boissons soient à portée de main. Si nous attendons la visite de notre patron, nous faisons en sorte que tout autour de nous reflète l’efficacité et l’intégrité professionnelle. Et ainsi de suite pour toutes les formes d’attente. Plus la personne attendue ou l’événement attendu est important, plus nous «habillons notre coeur», comme dit le petit Prince.

 

            Semblablement, comme notre vie chrétienne est aussi une attente du Christ, elle doit être tout entière une préparation pour cette grande rencontre, qui déjà polarise chaque moment de nos vies. Comment devrions-nous nous préparer? Jésus nous le dit en utilisant une métaphore em­pruntée à son milieu culturel: «Soyez en tenue de travail et ayez vos lampes allumées » (v. 35). Tout cela présuppose une certaine préparation active.

 

            Il est significatif que l’attente enseignée par Jésus à ses disciples soit une attente active. On n’attend pas la Parousie en se tournant les pouces. Il y a trop à faire pour cela.

 

            Attendre et être actif, telles sont les deux composantes majeures de la vie chrétienne. Ni simple expectative passive, ni pur activisme. Et cependant, chaque génération est tentée de pri­vilégier l’une de ces deux attitudes aux dépens de l’autre. La nôtre est plus tentée par l’activisme que par la passivité. Nous parlons de «construire le Royaume» (une expression qui n’a rien de biblique) et nous oublions facilement que le Royaume vient, qu’il est donné, que notre rôle consiste plutôt à l’accueillir et à y entrer. Fondamentalement, c’est Dieu qui le construit, pas nous.

 

            Il est difficile de trouver le juste milieu entre expectative passive et pur activisme. Peut-être la meilleure façon de le trouver est encore la prière, car la prière est une synthèse d’activité et d’attente. Elle est une attente en étant une attention à Dieu, un désir de sa proximité, une ou­verture à sa présence. Le coeur priant sait très bien que la prière est un don, que l’initiative de la rencontre avec Dieu ne vient pas de lui, que sans Dieu, il n’est qu’un désert sans vie. Mais la prière est en même temps la suprême activité, car elle est une réponse infiniment personnelle à l’invitation de l’Esprit. Nul ne peut prier à sa place. Et quand je prie vraiment, mon être tout en­tier est, pour ainsi dire, sur la brèche. Car la prière me remet en question, me force à brûler mes ponts, me projette en avant dans mon aventure avec Dieu (ce qui n’est pas de tout repos, comme nous le savons!) et m’entraîne à des révélations toujours plus désespérantes sur moi-même et à des révélations toujours plus rassurantes sur Dieu. Oui, la prière est sans aucun doute l’une des formes d’action les plus hautes.

 


            Ceci est confirmé par le fait que la prière authentique déclenche et nourrit l’activité exté­rieure. Les grands priants comme Bernard de Clervaux, François d’Assise, Thérèse d’Avila, Ignace de Loyola furent aussi de grands actifs. Mais l’effet spécifique de la prière authentique est de fournir à l’activité une qualité qui lui ferait autrement défaut. Comme les serviteurs vigilants qui attendent l’arrivée de leur maître, les vrais priants savent attendre longtemps que leur action ait des résultats. Ils attendent dans la nuit, sans impatience, parce qu’ils savent qu’ils font l’oeuvre de Dieu – ou plutôt, puisqu’ils éprouvent toutes nos incertitudes et nos erreurs, ils sa­vent qu’ils veulent faire l’oeuvre de Dieu, et cela leur suffit. Comme les serviteurs vigilants qui sont là pour ouvrir à leur maître aussitôt qu’il se montre, les vrais priants savent comment saisir l’occasion. La prière les rend très sensibles aux motions de l’Esprit; et dans un événement appa­remment insignifiant aux yeux des autres, ils savent reconnaître la voix de leur Maître frappant à leur porte. C’est ainsi qu’un grand nombre de réalisations gigantesques commencent dans la vie d’un homme ou d’une femme de prière, par un minuscule événement discerné dans l’Esprit. Après coup on parlera sans doute d’«intuition géniale», de «chance prodigieuse» ou de «destin». Mais ces grandes réalisations sont simplement le fruit d’un coeur dont l’attention est tout entière centrée sur les diverses venues du Maître dans l’obscurité de la nuit.

 

***


            Le monde de Jésus était un monde soigneusement hiérarchisé, avec des classes sociales hermétiques et clairement définies. A cet  égard notre monde moderne nous prépare mal à saisir la leçon contenue dans certaines pages de l’Évangile. Pour nous qui voyons nos chefs d’état se mêler familièrement à la foule ou des syndicats ouvriers renverser des gouvernements, nous avons de la difficulté à nous imaginer à quel point une personne du Proche-Orient voit et sent les choses différemment. Il est révélateur, par exemple, que même à l’heure actuelle plusieurs des pays du Proche ou du Moyen-Orient aient conservé un gouvernement de type monarchique: la Jordanie, l’Arabie Saoudique et le Koweït sont des royaumes, Oman est un sultanat, la Fédéra­tion des Émirats Arabes est un groupe de sept territoires placés sous l’autorité d’un cheik, Qatar et Bahrein sont des émirats indépendants. Dans ces pays, parler de «maître» et de «serviteurs» (au lieu d’«employeur et employés») a encore du sens. Quand Jésus dit que «le serviteur n’est pas au-dessus de son maître», il ne fait qu’exprimer ce qui était universellement reflété dans les structures sociales de son temps.

 

            A cet égard, l’enseignement sur les simples serviteurs (Lc 17:7-10) est révélateur de la mentalité de l’époque. Quand un serviteur revient des champs et sert le repas de son maître avant de prendre le sien, il ne mérite aucun remerciement: il n’a fait que son devoir de simple serviteur. La même vérité vaut pour le serviteur de Dieu. Quand il a accompli la volonté de Dieu, il n’a fait que son devoir en tant que créature de Dieu. Ceci ne lui accorde aucun droit sur Dieu. Et s’il se mettait à faire des revendications sur la base de ses états de service, il ne serait plus un serviteur fidèle.

 

             Cependant, si Jésus présente les choses de cette façon pour indiquer clairement dans quel esprit les humains doivent vivre leur relation à Dieu, il n’en reste pas là. Cela ne représente qu’un aspect de la relation Dieu-humains, l’aspect que cette relation doit avoir du point de vue humain. Mais la relation peut être considérée du point de vue de Dieu. Et alors Jésus apporte un surcroît de révélation qu’aucune pensée humaine n’aurait pu inventer. Ceci il le fait, pour ainsi dire, en deux étapes.

 


            Premièrement, il déclare indirectement, mais clairement, que Dieu traitera le serviteur fi­dèle pratiquement comme son égal: une révélation stupéfiante dans une société hiérarchisée comme la sienne. Nous avons cet enseignement dans deux paraboles, celles des Serviteurs Fidè­les (Mt 24:45-51 = Lc 12:41-48) et celle des Talents (Mt 25:14-30). Pour la première de ces pa­raboles, le serviteur fidèle est récompensé de sa fidélité en recevant l’intendance de toute la pro­priété de son maître, ce qui fait de lui en un certain sens le partenaire de son maître, presque son égal. Dans la seconde parabole, le serviteur est invité à «entrer dans la joie de son seigneur». Or, en araméen, le même mot (hâdwetha) désigne «joie » et «banquet». Le serviteur est en fait invité à partager la table de son maître, ce qui en Orient est un signe d’égalité sociale.

 

            Mais Jésus va encore plus loin. Dans notre parabole des Serviteurs Vigilants, il déclare que Dieu traitera les serviteurs fidèles comme ses supérieurs, puisque le maître de la parabole (qui représente Dieu) invite ses serviteurs à se mettre à table, se met lui-même en tenue de travail et les sert comme s’il était leur serviteur. Ici l’ordre social tout entier est retourné sans dessus dessous! Il est difficile d’imaginer à quel point une telle déclaration pouvait être scandaleuse aux oreilles des contemporains de Jésus, tellement ils étaient habitués à un compartimentage rigou­reux en matière de classes sociales. Nous avons ici une révélation sans précédent sur ce que peut être l’amour de Dieu. Saint Bernard l’a dit une fois pour toutes: «L’amour ne connaît qu’une me­sure, celle d’être au delà de toute mesure». Tel est l’amour de Dieu pour sa créature. Sa joie est de se mettre humblement au service du coeur fidèle. La seule «condition» qu’il impose, pour ainsi dire, est que la créature ne revendique pas ce service comme un dû et qu’elle accepte d’être toujours indigne d’un tel amour; en un mot, qu’elle ne fonde jamais sa relation à Dieu sur un plan juridique, car cela déroberait à l’amour tout son abandon et son absurde prodigalité. Dire à Dieu : «J’ai droit à ta récompense» revient à lui imposer des limites; or, Dieu veut aimer comme un amant passionné (c’est toujours la métaphore qu’Il s’applique à lui-même dans la Bible), pas comme un comptable méticuleux. Nous devons nous laisser aimer par lui à la manière dont nous nous laissons emporter par un torrent impétueux ou par un tourbillon fou. Le coeur de Dieu n’est pas comme le nôtre, toujours enclin à calculer ses droits et devoirs. Dieu n’est guère intéressé à acquérir des salariés contractuels. Il veut avoir des amis qu’il peut humblement servir.

 

*****

             Cette parabole fut mimée par Jésus à la Dernière Cène. Là Jésus déclare à ses disciples: «Je ne vous appelle plus serviteurs..., je vous appelle amis » (Jn 15:15). Or Jésus prononce ces mots après avoir lavé les pieds de ses disciples, une tâche réservée à un esclave, une tâche si hu­miliante qu’un maître juif ne pouvait contraindre un esclave juif à l’entreprendre, comme nous l’apprend le Talmud (cf. Midrash Mekilta sur Ex 21:2). En lavant les pieds de ses disciples, Jésus fait ce que le maître de la parabole fait, il traite ses serviteurs comme ses maîtres, montrant ainsi l’humilité de son amour. Ici encore Jésus est le sacrement de Dieu, le signe visible par lequel Dieu invisible nous exprime les sentiments de son coeur. Car, en dernière analyse, le Royaume de Dieu est uniquement une affaire de coeur. Son essence est d’être une rencontre coeur à coeur.

 

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Nil Guillemette s.j.

Xavier Unversity

Cagayan de Oro City, PHILIPPINES



[1] )