L’Ami à Minuit

Luc 11:5-8

 

par

Nil Guillemette s.j. 1        Centre Pedro-Arrupe, Port-au-Prince, Haïti, pp. 3-14

 

             Et Jésus dit à ses disciples: «Pouvez-vous imaginer avoir un ami, aller le trouver à minuit, lui demander ‘Ami, prête-moi trois pains, un ami à moi vient d’arriver de voyage et je n’ai rien à lui offrir’, et votre ami de répondre de l’intérieur: ‘Laisse-moi tranquille, la porte est déjà verrouillée, mes enfants et moi sommes au lit, et je ne puis me lever pour te donner quoi que ce soit’? Pouvez-vous imaginer cela? Eh bien, laissez-moi vous le dire, même si votre ami ne se levait pas pour l’amour de l’amitié, néanmoins pour vous permettre de sauver la face il se lèverait certainement et vous donnerait tout ce dont vous avez besoin».

 

 

1- Remarques générales

 

            Cette parabole est particulière à Luc. Il l’a placée dans une section ayant rapport à la prière, et elle suit immédiatement l’enseignement de Jésus sur le Notre Père.

 

            Le sens général de l’histoire est clair, mais plusieurs traits importants sont ambigus et sont dès lors interprétés diversement par les exégètes. Parmi les tentatives cherchant à interpréter ces traits ambigus il y a celle de Jeremias, qui diffère sensiblement de la manière «classique» de comprendre la parabole. Selon cette dernière, l’histoire est celle d’un homme qui, au moyen de sa seule persistance, obtient finalement de son ami des pains pour un visiteur arrivé à l’improviste mais seulement après que l’ami a d’abord refusé d’accéder à la demande sous divers prétextes. A cause de cela, la parabole a traditionnellement été intitulée «L’ami importun». Mais Jeremias2 déclare à bon droit que ce titre est «trompeur». Pour diverses raisons exégétiques qui seront présentées ci-après dans les quelques pages qui suivent, il pense que nous devrions comprendre l’histoire, et le verset 7 en particulier «non pas comme décrivant un refus de la requête, mais plutôt l’impossibilité d’un tel refus» (op. cit. 158). Pour lui, «la parabole ne traite pas de l’importunité du demandeur, mais de la certitude que la demande sera agréée» (op. cit. p.159). Pourquoi sera-t-elle agréée? Parce que, si le dormeur refuse la requête, il va paraître pingre aux yeux de tout le village et ainsi perdre la face devant la communauté. Récemment, K. E. Bailey3 a repris l’interprétation de Jeremias et lui a donné une forme plus définie. La présente interprétation combine les vues de Jeremias et de Bailey, mais les modifie sur quelques points secondaires.

 

            Nous ne savons pas en quelles circonstances cette parabole a été prononcée. Elle entendait probablement présenter un enseignement sur le problème des prières non exaucées.

 

 

2- Analyse

 

            V.5.  – La parabole commence par une question posée par Jésus littéralement dans les termes suivants: «Lequel parmi vous?»  tis ex humôn en grec –. Or cette formule est utilisée sept fois dans les évangiles et requiert toujours une réponse emphatiquement négative: Mt 6:27 (parallèle en Lc 12:25); Mt 7:9 (par. Lc 11:11); Mt 12:11 (par. Lc 14:5); Lc 11:5; 14:28; 15:4; 17:7 . Dans le cas présent, la question de Jésus continue au v. 6 et ne se termine qu’avec le v. 7.

            V.7  – Étant donnée la signification très spécifique de la formule introductrice tis ex humôn (i.e. exigeant une réponse emphatiquement négative), le sens de la question est clairement quelque chose comme ceci: «Pouvez-vous vous imaginer qu’un voisin refuserait de vous aider dans une telle situation? Bien sûr que non - ne serait-ce que pour vous éviter une perte de face!»

 

            Malheureusement la plupart des auteurs ne saisissent pas ce dernier point et interprètent l’histoire différemment: pour eux l’ami couché commence réellement par refuser la requête de son voisin, invoquant diverses raisons, et finalement cède à ses instances. Mais en adoptant une telle interprétation, ils montrent qu’ils ne comprennent pas très bien certaines coutumes du Moyen-Orient. Car au Moyen-Orient la loi absolue de l’hospitalité rend impossibles des excuses ridicules concernant une porte verrouillée et des enfants endormis, quand il s’agit de remplir les obligations de l’hospitalité. Et ces obligations concernent le village tout entier, pas seulement l’homme qui reçoit l’invité de fait. Celui qui reçoit le visiteur dira spontanément à l’invité arrivant: «Vous avez honoré notre village», non pas «Vous m’avez honoré». C’est pourquoi, étant donné que le visiteur est l’hôte de la communauté, pas seulement de l’individu, la communauté toute entière est responsable de lui aménager un accueil approprié. En allant trouver un voisin, celui qui reçoit le visiteur ne fait que demander au dormeur de remplir son devoir à l’égard de l’invité du village; aussi longtemps que la requête est modeste, un refus est impensable.

 

            La paysanne du Moyen-Orient ne boulange qu’une fois la semaine ou à peu près; les autres femmes du village savent très bien qui vient d’utiliser le four du village; si donc celui qui reçoit le visiteur vient trouver ce voisin pour du pain, c’est probablement parce que sa femme lui a dit que la femme du voisin a récemment boulangé et devrait être à même de fournir du pain pour leur visiteur. Dans une situation comme celle-ci, celui qui reçoit doit servir son invité et l’invité doit manger. Le pain est l’élément le plus humble du repas; il joue le rôle de fourchette, de couteau et de serviette de table. Ne pas offrir au moins un pain est proprement inconcevable.

 

            On ne peut bien comprendre la question de Jésus qu’en référence à tout cet arrière-plan culturel. Dans sa pensée, il est absolument impossible que le dormeur puisse d’abord refuser la requête de son voisin. Ce dernier point est crucial pour comprendre toute la finalité de cette parabole, qui est d’enseigner la confiance absolue quand on prie le Père céleste.

            V.8    N’ayant pas compris la première partie de la parabole, dans laquelle ils lisent un refus initial de «la part du dormeur de venir en aide à son voisin, plusieurs exégètes sont en conséquence amenés à interpréter fautivement la seconde partie de la parabole. Puisque dans leur interprétation, le voisin refuse d’abord pour céder ensuite, ce doit être parce que quelque chose lui a fait changer d’idée; ceci, concluent-ils, est la persistance du demandeur. Et ils estiment que cette idée de persistance est exprimée par le mot grec anaideia: le dormeur, s’il ne se lève pas par amitié, se lèvera finalement à cause de l’aneideia («persistance») du demandeur.

 

            Le problème avec cette interprétation est que aneideia ne veut pas dire «persistance» du tout. Seulement des auteurs chrétiens, dans toute l’histoire de la littérature grecque, comprennent aneideia en ce sens. Mais cette histoire particulière n’a aucune trace de «persistance» en elle. Une telle idée a «débordé» du passage suivant chez Luc – un enseignement sur la prière persévérante (11:9-13). Le sens véritable de aneideia est fort différent; avec une ou peut-être deux exceptions dans toute la littérature grecque (non-chrétienne), ce mot signifie «absence de honte».

 

            L’«absence de honte» ici doit s’entendre en référence à l’insistance du Moyen-Orient sur la face ou la honte qui est exprimée en grec par le terme aidôs. Le mot aneideia est formé à partir de la négation an ( a privatif + n euphonique) + aideia. Il signifie quelque chose comme «évitement de la honte» à condition que nous entendions ce terme comme une qualité positive (comme, par exemple, absence de blâme). La personne qui est «sans honte» en ce sens est celle qui ne perd pas la face. Ce n’est pas la personne éhontée (i.e. qui n’éprouve aucune honte alors qu’elle devrait). C’est plutôt la personne qui ne subit aucune honte (i.e. qui garde l’honneur intact et évite la honte).

 

            Si nous appliquons ces considérations au verset 8, son sens devient limpide. Dans les vv. 5-7, Jésus affirme le simple fait qu’une demande faite dans les circonstances qu’il décrit sera nécessairement agréée, le contraire étant impensable. Ensuite au v. 8, il explore la motivation derrière ce simple fait: soit l’amitié ou le sauve-la-face. Si un voisin n’agréait pas une telle demande par amitié, il l’agréera certainement au moins par désir de sauver la face.

 

            La dernière question concernant ce verset est la suivante: sauver la face de qui? M.E. Bailey interprète ce sauve-la-face (à la suite de Jeremias) comme celui du dormeur. Selon lui, le dormeur ne voudrait pas que le village l’estime pingre ou non-coopératif; par conséquent, pour sauver la face à cet égard, il accorderait au requérant sa demande (toujours dans l’hypothèse qu’il ne le ferait pas par amitié). Mais il semble que Bailey se trompe au sujet de ce détail secondaire et que le sauve-la-face est celui du demandeur. La raison pour cette critique de la position de Bailey est la suivante: dans le texte grec de ce verset 8 le pronom indirect à/ de lui (autoi, autou, autô) réfère trois fois au demandeur; et donc il semble plus probable que le quatrième usage de ce pronom dans l’expression «son absence de honte» (dia ge tên aneideian AUTOU) réfère aussi au demandeur. Cela signifie que le dormeur accorderait au demandeur sa requête sinon par amitié, au moins pour que le demandeur ne perde pas la face en présence de son invité.

 

            La fin du verset fournit une confirmation de l’interprétation proposée ici. Si le dormeur était irrité (comme le prétend l’interprétation «classique», dans laquelle il finit par se lever seulement à cause de la persistance du demandeur), il donnerait le pain demandé mais rien de plus; mais, puisqu’il donne au demandeur «tout ce dont il a besoin», il est évident que la transaction est complétée dans un climat de bonne volonté.

 


 

3- Leçon

 

            De même que vous avez pleine confiance que vos besoins seront satisfaits quand vous demandez du pain à un ami au milieu de la nuit parce qu’un visiteur vient d’arriver, combien plus pouvez-vous avoir confiance quand vous formulez vos requêtes à votre Père céleste.

 

 

 

4- Réflexions et applications

 

            «Lequel parmi vous...?». Environ la moitié des paraboles de Jésus commencent ou finissent par une question. Cette question en général réfère les auditeurs à leur expérience personnelle, celle qu’ils acquièrent dans leur vie quotidienne. Nous voyons ici combien Jésus respecte et apprécie les humains et les humbles réalités qui les entourent. Ses paraboles sont toujours tirées de l’observation d’êtres et d’objets concrets; elles ne sont jamais une sorte d’évasion dans un monde imaginaire ou irréel. Car Jésus, qui est plein des choses de son Père, sait très bien que le Père n’est pas loin et que sa création tout entière parle de lui à ceux qui ont des yeux pour le voir. Toute réalité, si insignifiante soit-elle, réfléchit Dieu à sa manière. C’est pourquoi toute réalité, à commencer par les humains, est infiniment digne de respect.

 

            L’une des valeurs humaines les plus humbles, et en même temps l’une des plus fondamentales, est le bon voisinage, l’aide mutuelle que se donnent les humains partageant le même milieu, le même village, la même rue. Toute cette parabole de l’Ami à Minuit est basée sur cette expérience humaine commune, qui est le bon voisinage. Utilisant une situation très ordinaire comme point de départ, Jésus invite ses auditeurs à comprendre dans quel esprit ils devraient s’adresser à Dieu dans la prière: si un voisin accueille volontiers une requête d’aide de façon à épargner la honte de mal recevoir un visiteur inattendu, combien plus volontiers Dieu accueillera-t-il nos demandes! Dans un milieu culturel comme celui du Moyen-Orient, où une hospitalité généreuse et cordiale est une loi sacrée, tout le monde est capable de comprendre la pleine signification de cette très simple situation. «Eh bien, nous dit Jésus, Dieu est comme cela. Si un voisin ne demande pas mieux que de vous aider dans une telle situation, il est évident que Dieu sera encore plus désireux de répondre à vos besoins quand vous les lui ferez connaître».

 

            Demandons-nous si nous avons jamais pris cette parabole au sérieux.

 

Il est une chose surprenante concernant Jésus. Contrairement à presque tous les grands mystiques et maîtres spirituels, il parle rarement de notre amour pour Dieu. En Mc 12:29-30, quand il énonce quel est le premier commandement, il ne fait que citer un texte de l’Ancien Testament (Dt 6:4-5), rien de plus. Dans seulement deux autres passages brefs, il mentionne en passant que les «pharisiens négligent la justice et l’amour de Dieu» (ceci en Lc11:42; mais le parallèle en Mt 23:23, qui pourrait être plus archaïque et plus proche de la formulation originale, ne mentionne pas l’amour de Dieu) et «qu’ils n’ont pas l’amour de Dieu en eux» (ceci en Jn 5:42 – mais il est bien connu que , dans le quatrième évangile , ce qui est donné comme parole de Jésus est bien souvent un développement théologique de Jean). En tout et partout, donc, nous n’avons que trois textes sur ce sujet, l’un d’eux étant une citation, alors que les deux autres sont probablement des relectures théologiques plutôt que des paroles authentiques de Jésus. Cela fait bien peu, en effet.

 

            Par ailleurs, quand nous avons affaire à des exhortations de Jésus sur la confiance en Dieu, alors les textes ne manquent pas (Mt 6:8; 6:25-34; 7:7-11; 10:19-20; 10:26-31; etc.). Nous pouvons nous demander que signifie un tel contraste dans l’enseignement de Jésus. Pourquoi une telle discrétion lorsqu’il s’agit d’inculquer l’amour pour Dieu d’une part, et d’autre part une telle insistance lorsqu’il s’agit d’inculquer la confiance en Dieu? L’amour n’est-il pas plus fondamental que la confiance?

 

            Interpréter les silences de quelqu’un est toujours chose délicate. Et en particulier quand nous avons affaire à une personnalité aussi unique que celle de Jésus, il est encore plus dangereux de trahir sa pensée en l’habillant des hardes de nos propres vues, trop souvent myopes et trop humaines. Mais il vaut la peine de courir ce risque, avec la prudence et l’humilité qui s’imposent, si nous espérons ainsi atteindre à une meilleure compréhension de son message.

 

            L’anomalie ci-haut mentionnée pourrait probablement être expliquée de la façon suivante. Il est très facile de se faire illusion sur l’amour que je pense avoir pour Dieu. De beaux sentiments coûtent peu et sont tellement rassurants! Il ne faut pas grand’chose pour me donner l’impression d’être en communion avec Dieu: un beau paysage, une musique émouvante, l’odeur de l’encens – ou même un repas en plaisante compagnie! Aimer Dieu de cette manière ne signifie pas grand’chose: «Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant?» (Mt 5:47). Mais se fier à Dieu pour sa subsistance quotidienne, sa nourriture et ses vêtements, sa durée de vie, les événements imprévus du lendemain -- cela est plus difficile. Croire que tous les cheveux de sa tête sont comptés et que, par conséquent, on ne devrait pas craindre ceux qui peuvent tuer le corps (Mt 10:28-30) est encore plus difficile quand on fait face à un peloton d’exécution, ou, plus simplement, quand son médecin fait le diagnostic d’un cancer incurable. Alors, même quand on croit qu’on vaut beaucoup plus que deux moineaux (Mt 10:31), on n’est pas enclin à faire confiance au Père céleste pour autant...

 

            Et Jésus, qui connaissait si bien le coeur humain, savait combien il nous est difficile de nous abandonner entre les mains de Dieu. D’où la fréquence de ses exhortations sur ce thème. Il ne nie pas l’importance d’aimer Dieu. Mais il sait combien facilement toutes sortes d’illusions peuvent se cacher derrière le mot «amour», si souvent terni et abusé. Et donc il préfère donner à l’amour de Dieu un critère d’authenticité qui le préservera de l’illusion – celui de la confiance. Cet enseignement est repris par Jean avec sa manière propre, si inimitable: «Il n’y a pas de crainte dans l’amour; au contraire, l’amour parfait bannit la crainte» (I Jn 4:18). Sans doute, pense-il ici à la crainte du châtiment; mais nous ne trahirions pas sa pensée si nous y incluions toute forme de crainte. La seule crainte compatible avec l’amour est la crainte de blesser l’amour ou de cesser d’aimer. Et donc nous pouvons dire qu’aimer Dieu et se fier à lui sont au fond la même chose.

 

            La confiance en Dieu prend beaucoup de formes et de degrés. La plupart du temps elle est mélangée à des éléments qui lui sont étrangers. Nous avons confiance en Dieu, certes, mais pendant plusieurs années cette confiance est mêlée de confiance en nous-mêmes, en nos propres qualités, en nos vertus, en nos mérites, en nos réalisations, en nos efforts apostoliques et ascétiques. Nous estimons en secret qu’il convient que Dieu doive écouter nos prières étant donnés nos états de service, notre bonne volonté, nos nombreux renoncements en faveur de son Royaume. Aussi longtemps que nous entretenons de telles pensées, nous ne connaissons pas encore ce qu’est l’authentique confiance en Dieu, cette confiance qui obtient tout.

 

            Car une telle confiance est l’image inversée du désespoir. Pour réellement faire confiance à Dieu, nous devons traverser le désespoir. Nous devons avoir essuyé tant de défaites, avoir vu tant de résolutions abandonnées, mesuré si clairement notre incapacité d’aimer ou de prier ou de nous donner, que nous finissions par désespérer complètement de nous-mêmes. Nous sommes alors conduits à une option cruciale: fuir dans l’activisme de manière à y trouver l’illusion que nous faisons néanmoins quelque chose de valable pour le Royaume, et ainsi nous avons une valeur personnelle réelle (ceci est la manière facile d’en sortir) ou encore faire un saut prodigieux dans la foi pure. Nous acceptons alors de ne pas être capables de faire quoi que ce soit de nous-mêmes, de n’avoir aucune valeur à nos propres yeux, ou de n’avoir absolument aucune prise sur Dieu – et nous dépendons de lui seul, de sa bonté et son amour. Une option difficile , car nous avons vu avec une clarté totale que Dieu n’a absolument aucune raison d’exaucer notre prière; nous ne pouvons que dépendre entièrement de sa gracieuse générosité. Si nous apprenons ainsi à nous appuyer sur Dieu seul et sur rien d’autre, alors il n’y a rien que nous ne puissions obtenir de lui. Car Dieu ne résiste pas à la confiance totale. Ceci est, pour ainsi dire, son point faible. Mais encore une fois, une telle confiance n’est possible qu’après que nous nous sommes laissés sombrer dans notre impuissance la plus radicale et en avons touché le fond; alors il devient possible d’utiliser notre impuissance elle-même comme d’un tremplin et, avec un bond, de refaire surface en Dieu.

 

            Comme l’homme qui ne craint pas de déranger son voisin à minuit, alors nous pouvons nous adresser à Dieu au sein de nos ténèbres et être certains de recevoir une réponse favorable.

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Nil Guillemette s.j.

Xavier University

Cagayan de Oro City, PHILIPPINES



                1 Bulletin de Liaison, vol. IX, no 4, décembre 2004

 

                2 Jeremias, The Parables of Jesus, SCM Press 1963, p.157

                3 K.E. Bailey, Poet and Peasant. A Literary Cultural Approach to the parables in Luke, Grand Rapids, Michigan: W.B. Eerdmans, 1976, pp.119-133