MÉDITATION SUR LES CULTURES

 

 

I. ÉCOUTER LA PAROLE

 

 

Ces pages sont consacrées aux problèmes de la culture et à l’expérience prodigieuse que j’ai vécue depuis deux ans.

 

La parole et le langage me sont revenus: Dieu soit loué!

 

C’est une histoire étonnante que je résume brièvement. En septembre 1997, un ACV (accident vasculaire cérébral), suivi d’une aphasie, m’a frappé très durement.

 

Tout-à-coup, je découvrais un aspect inattendu de ma propre culture. J’étais un professeur d’université, à Rome, et j’avais écrit des livres, en diverses langues; mais soudain, je ne pouvais plus dire, ou prononcer, ou écrire, ou épeler mon nom: Hervé Carrier. Après une longue année, j’ai dû tout réapprendre: les lettres, les chiffres et toutes les fonctions de l’ordinateur.

 

Je rappelle qu’entre 1959 et 1993, j’ai enseigné la psycho-sociologie à l’Université Grégorienne de Rome. J’ai été intéressé surtout aux problèmes de l’identité, de l’appartenance religieuse, des cultures. Le Pape Paul VI me nomma Recteur de l’Université Pontificale Grégorienne, en 1966. Durant ces douze années (1966-1978), une réforme profonde des programmes fut opérée, grâce à la collaboration de toute la communauté universitaire de la P.U.G. En 1982, le Pape Jean-Paul II me nomma Secrétaire du Conseil Pontifical de la Culture (1982-1993), organe du Saint-Siège pour promouvoir la foi et l’évangélisation des cultures.

 

Après ma longue épreuve, c’est donc avec une grande joie que je puis reprendre mes travaux et mes projets, selon le désir du Général des jésuites, le Père Peter-Hans Kolvenbach.

 

Il a fallu des efforts presque surhumains, pour réapprendre ma « culture de base »: en commençant par les questions les plus simples, par exemple, les noms des jours, des mois, des saisons, en indiquant l’heure, en comptant la monnaie, en distinguant ma droite et ma gauche. Les chiffres sont un univers très complexe, c’est un défi redoutable. C’est tout un exploit d’arriver à dominer raisonnablement les principaux éléments du langage: les simples mots, les syllabes, les noms propres, la prononciation, l’élocution, la syntaxe, la compréhension des phrases!

 

 

Quel projet extraordinaire, et quel programme de vie! Un aphasique doit donc se fixer une « ré-éducation » créatrice, sa joie est de « réessayer » sans cesse, avec l’espérance de vaincre finalement! L’éducation consiste à lire et à relire les textes pour les goûter, les admirer et les critiquer. La culture nous apprend comment penser, à repenser et à re-programmer toute notre vie.

 

 

C’est une psychologie et une théologie élémentaires, c’est aussi le B a BA de la culture chrétienne. En effet, la culture consiste à construire et re-construire ma vie, sans cesse, en assumant les événements, les souffrances et les joies de mon existence. La Providence me guide chaque jour avec confiance et amour. C’est un aspect mystérieux de « l’inculturation de moi-même », car la Parole est un dialogue sans fin, dans l’Esprit et le Père.

 

 

Selon saint Ignace, l’âme de l’éducation se trouve dans la répétition. Les maîtres spirituels insistent sur la conversion de tous les jours, cela suppose la reprise, la ré-évaluation et la relecture constante de notre vie.

 

 

Oui, mon cerveau fonctionne comme un instrument fascinant! C’est un ordinateur très puissant, on n’a jamais fini de le découvrir. Grâce à lui, nous apprenons à communiquer avec les autres, à lire les événements, à compter, à programmer nos actions, c’est le siège de la pensée, de la création et de la culture. Nous sommes des êtres puissants, mais fragiles, et nous devons nous protéger contre les risques qui peuvent survenir à l’improviste. Mais, au-delà de toutes les prévisions, nous ne sommes jamais prêts au choc d’une lésion au cerveau.

 

 

Mon nouveau service est de me consacrer aux aphasiques et à leurs besoins. Je vais tâcher de mieux comprendre comment aider concrètement ceux et celles qui ont subi des troubles de la parole. C’est un grand service offert à tous mes amis et toutes mes connaissances. C’est une autre manière de servir la Parole.

 

 

Devenu moi-même aphasique, je suis en mesure de mieux comprendre ces personnes. Pour un aphasique, chaque parole, chaque mot écrit est une victoire, une conquête.

 

 

Mon désir le plus cher est de goûter la Parole du Christ, et de travailler à la promotion de la justice et des cultures. Pour moi, le grand objectif est l’inculturation de l’Évangile du Christ.

 

 

 

 

II. COMMENT COMPRENDRE LA CULTURE DU CHRIST?

 

 

Le Christ a-t-il possédé une culture au sens strict? Il a sans doute possédé la culture des Juifs de son temps, comme sa mère Marie et ses apôtres. Il a étudié comme les jeunes de son âge, il a appris à lire, à compter, à travailler de ses mains. Il avait un pays, dans une région bien connue, avec sa langue et sa mentalité propres. Il a participé à la civilisation de son époque.

 

 

Mais le Christ d’aujourd’hui est-il identifié aux hommes et aux femmes qui vivent avec nous ici? Chaque individu, au milieu de nous, se sent-il intimement solidaire avec la personne du Christ? Ma culture avec ma mentalité, mes espoirs, mes souffrances, mes joies deviennent, en un sens, une expression de la vie du Christ vivant ici et maintenant.

 

 

Où se trouve Jésus aujourd’hui dans l’esprit et le cœur des gens? La culture du Christ d’hier à Nazareth, comme on le voyait, est aussi la culture d’aujourd’hui et nous nous sentons près de Lui.

 

 

En soulevant cette question, nous cherchons à comprendre l’un des plus difficiles défis de notre temps. C’est le problème de l’inculturation.

 

 

La rencontre de l’Évangile et des cultures se produit par l’inculturation, c’est la grande affaire de notre temps. La parole du Christ doit être annoncée à toutes les personnes, à toutes les cultures. Tous les esprits et toutes les consciences sont attirés par la Parole qui appellent au bonheur. L’objectif premier est le dialogue de la culture et de l’Évangile.

 

 

Ainsi, l’inculturation produit un échange merveilleux, car le Seigneur « ayant pris notre nature avec sa faiblesse, la fit entrer dans la gloire », il s’est uni à « notre condition humaine », (Fête de l’Ascension). Par la foi, nous apprenons qu’un « mystérieux échange » advient en Jésus. La liturgie de la messe est très réaliste: « puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité ».

 

 

En lui, l’incarnation dans sa chair fut aussi une incarnation culturelle. « La théologie a fortement mis en relief les rapports étroits qui existent entre l’inculturation de l’Évangile et l’Incarnation du Christ - qui a aussi été incarnation culturelle. Ce fondement théologique rattache l’inculturation aux grands mystères de la foi chrétienne: la création, l’incarnation, la rédemption, la mort et la résurrection du Christ, la Pentecôte » (Proposition 5).

 

 

III. ÉVANGÉLISER LES MENTALITÉS

 

 

Les mentalités d’aujourd’hui nous interpellent dramatiquement, car un fossé profond s’est creusé entre l’Évangile et la culture actuelle. Pour plusieurs, le contraste est insurmontable entre la « logique du Christ » et « les valeurs fortes » qui triomphent de nos jours.

 

 

Mais l’idée de Jésus reste toujours une valeur d’espérance, malgré les apparences et au-delà des épreuves de notre temps. Comment peut-on comprendre l’évangélisation des cultures? Le dialogue fondamental se situe entre le projet du Christ et les projets de société. Cela demande une double conversion, celle des consciences et celle des cultures. C’est la conversion la plus radicale des cœurs et des cultures. L’objectif est d’annoncer l’Évangile en transformant les mentalités pour les changer, les purifier, les élever, les sanctifier.

 

 

Les sociologues de la religion nous montrent des tendances typiques, comme le culte de l’éphémère, les fanatismes religieux, la violence organisée, les changements très rapides et imprévisibles, l’incertitude permanente, les identités confuses, le choc des mouvements ethniques, le déclin des projets communs, les structures injustes, le saccage de l’environnement, le triomphe de l’individualisme.

 

 

Pour affronter ce monde cassé et lacéré, un discernement audacieux est requis, avec la force de l’Esprit. L’exemple de saint Ignace est très éclairant.

 

 

Personne ne parlait de l’inculturation, lorsque saint Ignace de Loyola, le fondateur des Jésuites, écrivait les Exercices et les Constitutions, mais son charisme inspira toute son oeuvre et toutes ses créations. Il est un maître génial pour pratiquer « le discernement », pour « choisir » le plus grand bien et la plus grande gloire de Dieu. Son art et sa grâce ont donné une impulsion durable aux missions dans le monde. Ses expressions sont typiques et elles montrent « la manière de la Compagnie », pour discerner toutes choses Ad Majorem Gloriam Dei, « ce qui est l’opportun »...; « en tenant compte du temps, du lieu et des personnes »...; « ce qui paraîtrait plus opportun dans le Seigneur »....; « plus utile au prochain pour la gloire de Dieu ».

 

 

Ces expressions montrent les choix les plus exigeants pour le service du Règne: pour le plus grand bien, ce qui convient le mieux, plus grande gloire de Dieu; cf. Const. IV, 351, 390, 391. L’idéal d’Ignace est toujours présent et actuel.

 

 

IV. QUESTIONS CENTRALES SUR L’INCULTURATION

 

 

On peut résumer, en une vingtaine de propositions, les questions essentielles sur le sujet. On y trouve les aspects théologiques, ecclésiaux, anthropologiques, historiques, socio-psychologiques et culturels de l’inculturation.

 

 

Mon expérience souligne aussi les dimensions très personnelles de mon histoire, c’est un aspect essentiel du dialogue entre la Parole du Christ et mon propre langage.

 

 

L’Église de notre temps est visiblement poussée par l’Esprit du Christ à entrer dans une nouvelle période de l’évangélisation. Le « charisme de l’inculturation » se répand parmi les chrétiens et les appelle à affronter les grands défis de la nouvelle évangélisation. Le plus ardu de ces défis, sans doute, sera de porter le message du Christ à des mentalités apparemment closes en elles-mêmes, qui affichent une tranquille indifférence envers l’Église de Jésus-Christ. Un mur infranchissable s’est-il dressé entre la foi et les cultures qui dominent notre temps? Nul chrétien ne peut s’y résigner comme à une fatalité: de fait, rien n’empêche l’Église d’avancer avec une espérance rajeunie au cœur du monde moderne, car elle sait que notre temps a un ardent besoin de rédemption comme toutes les époques de l’histoire. C’est le défi et l’espérance de l’Église.

 

 

Le mot « inculturation » n’était pas encore utilisé au Concile Vatican II, mais depuis 50 ans plusieurs théologiens l’avaient employé pour approfondir les dimensions missionnaires de l’Église. Une longue maturation était nécessaire pour y parvenir. Sous des mots, comme « adaptation, conversion, changement, amélioration, actualisation », il fallait découvrir le sens de l’inculturation grâce à une patiente méditation. De nos jours, l’objectif majeur de l’inculturation s’est imposé comme une grâce et une grande espérance. Jean-Paul II fut le premier pape à user ce mot.

 

 

Il faut accueillir ces 20 propositions, comme une lente méditation, à approfondir dans l’Esprit et dans l’Église, en goûtant la Parole du Christ.

 

 

1) La christianisation la plus radicale.

 

 

L’inculturation représente l’un des aspects les plus typiques de la nouvelle évangélisation, car le but poursuivi explicitement est de convertir en même temps les consciences individuelles et la conscience collective, ce qui signifie la christianisation la plus radicale des personnes et de la société.

 

 

2) La conversion des attitudes et des mentalités.

 

 

De nos jours, la nouveauté de l’inculturation provient d’une conscience beaucoup plus aiguë des mutations qui ébranlent toutes les sociétés, et d’une perception plus vive des défis que pose à l’Église la conversion des attitudes et des mentalités collectives.

 

 

3) Un terme mobilisateur.

 

 

Au-delà des mots et des discussions sur la terminologie, il est remarquable que le terme inculturation, malgré sa nouveauté dans l’Église, soit devenu une expression courante pour mobiliser l’ensemble des chrétiens en faveur de l’évangélisation des milieux culturels.

 

 

4) Selon le commandement de Jésus dans l’histoire.

 

 

L’inculturation comme réalité, et bien avant la lettre, a de soi été inséparable de l’histoire de l’évangélisation, car elle procède du commandement universel de Jésus d’enseigner tous les peuples; et, dès l’origine, l’Église a dû affronter des cultures très diverses et des milieux multiculturels, comme l’attestent les Évangélistes, saint Paul et les missionnaires à leur suite.

 

 

5) L’inculturation et les grands mystères de la foi.

 

 

La théologie a fortement mis en relief les rapports étroits qui existent entre l’inculturation de l’Évangile et l’Incarnation du Christ - qui a aussi été incarnation culturelle. Ce fondement théologique rattache l’inculturation aux grands mystères de la foi chrétienne: la création, l’incarnation, la rédemption, la mort et la résurrection du Christ, la Pentecôte.

 

 

6) Les sciences humaines et l’identité des cultures.

 

 

Le progrès des sciences humaines nous permet maintenant de mieux découvrir l’identité culturelle des groupes humains et de mieux discerner les points d’insertion du message chrétien dans tous les secteurs du monde actuel.

 

 

7) Le dialogue des religions et l’action du Saint-Esprit.

 

 

L’inculturation trouve une voie privilégiée dans le dialogue interreligieux. Une science renouvelée des religions non-chrétiennes nous aide à mieux percevoir les valeurs de ces religions qui sont conciliables avec l’Évangile, notamment les semina Verbi présents dans leurs traditions, c’est-à-dire les traces de bien et les trésors spirituels qui leur viennent mystérieusement de la grâce et de l’action du Saint-Esprit.

 

 

8) Le langage de Dieu et les langues des cultures.

 

 

Les cultures, réalités humaines par excellence, sont capables d’une grande élévation spirituelle et elles peuvent même accueillir et exprimer la Révélation, car elles contiennent en elles des germes du Logos les rendant aptes à transposer le langage de Dieu dans la langue et la culture vivante des hommes; ainsi l’inculturation permet à l’Église d’approfondir le message du Christ.

 

 

9) Assumer toutes les dimensions de l’humain.

 

 

L’inculturation de l’Évangile embrasse l’ensemble de l’humanum, c’est-à-dire tout l’homme et tout homme, dans sa condition de pécheur et de saint, et en toutes ses dimensions: la personne, les sociétés, les générations, l’histoire des peuples, les secteurs socio-culturels, les réalités multiculturelles, les activités intellectuelles, techniques, artistiques, religieuses.

 

 

10) L’échange des richesses de la foi et des cultures.

 

 

Dépassant la simple transmission ou adaptation extérieure de l’Évangile, l’inculturation suscite une fécondation réciproque du christianisme et des cultures, dans un échange mutuel des richesses de la foi et des trésors des cultures.

 

 

11) Savoir enrichir l’Église en tous ses aspects.

 

 

L’inculturation enrichit la vie de l’Église en tous ses aspects: la compréhension des Écritures et la proclamation de la Parole, la liturgie, la théologie, le droit, les missions, la catéchèse, l’éducation, la vie académique, la création culturelle, l’engagement pour la libération et la promotion humaine.

 

 

12) Un accueil progressif dans la logique de la Rédemption.

 

 

C’est par un accueil progressif que se réalise l’inculturation; une première étape consiste à reconnaître et à assumer tout ce qui est bon dans les cultures humaines en ne rejetant que ce qui est irrémédiablement entaché de superstition ou de corruption; puis vient l’étape de l’élévation et de l’intégration dans le christianisme des traits culturels compatibles avec la foi et la communauté ecclésiale. C’est le même Esprit qui illumine la Sagesse des peuples et qui sanctifie leurs cultures en les faisant participer à la logique de la Rédemption.

 

 

13) L’Esprit-Saint est l’agent principal du salut.

 

 

L’inculturation resterait un simple effort d’adaptation sociologique, si l’Esprit-Saint n’y intervenait pas comme agent principal, en prédisposant le coeur des évangélisés et aussi le coeur des évangélisateurs au dialogue salvifique, ceux-ci trouvant dans cette conviction la source de leur audace apostolique.

 

 

14) Libération et évangélisation sont inséparables.

 

 

L’inculturation est intimement liée à la promotion humaine et à la libération, car l’enseignement social de l’Église est un élément essentiel de l’évangélisation qui vise la conversion des consciences, la transformation des structures de péché, le développement intégral des peuples.

 

 

15) Évangéliser la culture de la modernité.

 

 

Le processus d’inculturation s’applique à l’évangélisation de toutes les cultures y compris la culture de la modernité, dont il faut savoir discerner les attentes spirituelles et les aspects qui demandent à être accueillis, purifiés et rachetés par la grâce du Christ. L’un des défis les plus complexes de l’inculturation sera maintenant de promouvoir les valeurs chrétiennes dans la civilisation nouvelle de l’information et de la communication.

 

 

16) Les valeurs évangéliques de la fraternité et du développement.

 

 

La culture actuelle met l’accent sur les valeurs évangéliques, telles que la fraternité, la paix, la justice, le service des pauvres, l’aspiration au développement, la solidarité universelle; dès lors, l’inculturation exige une large collaboration oecuménique avec tous les frères chrétiens, avec tous les croyants et avec toutes les personnes de bonne volonté.

 

 

17) Une motivation théologique pour discerner les cultures.

 

 

La pratique de l’inculturation suppose d’abord une motivation théologique fondée sur l’action salvifique de l’Esprit dans le monde, et sur notre capacité d’analyser les mentalités pour en discerner les valeurs compatibles ou non avec l’Évangile de Jésus-Christ.

 

 

18) L’inculturation est un long processus.

 

 

L’inculturation est un long processus, car il entraîne une christianisation progressive des mentalités, et il demande une patiente coopération de tous les responsables de l’évangélisation.

 

 

19) L’échange des dons entre toutes les Églises.

 

 

L’inculturation advient de façon éminente à l’intérieur même de la communauté ecclésiale, grâce à l’échange des dons entre l’Église universelle et les Églises locales amalgamées aux diverses cultures, chacune concourant, en union avec Pierre, à l’enrichissement commun dans le respect de la pluralité.

 

 

20) Chrétiens engagés dans la diversité des cultures.

 

 

Les progrès futurs de l’inculturation dépendront essentiellement de la conversion missionnaire des chrétiens et de leur commune recherche des voies toujours nouvelles que l’Esprit du Christ ne cesse d’entrouvrir dans la conscience de l’humanité. L’évangélisation s’approfondira par le libre échange entre les courants théologiques où s’exprime le pluralisme légitime des chrétiens engagés dans la diversité des cultures.

 

 

CONCLUSION

 

 

De nos jours, l’objectif majeur de l’inculturation s’est imposé comme une grâce et une grande espérance. Nous pouvons donc dire que la notion d’inculturation est maintenant entrée de plein droit dans le discours pastoral de l’Église. Le Synode extraordinaire des Évêques de 1985 en a marqué la légitimité théologique:

 

 

« Ici nous avons aussi le principe théologique pour le problème de l’inculturation. Puisque l’Église est communion qui unit diversité et unité, par sa présence dans le monde entier, elle assume dans toute culture ce qu’elle y trouve de positif. Toutefois, l’inculturation est autre qu’une simple adaptation extérieure: elle signifie une intime transformation des authentiques valeurs culturelles par leur intégration dans le christianisme, et l’enracinement du christianisme dans les diverses cultures humaines ». Rapport final du Synode des Évêques de 1985, cf. Documentation Catholique, n. 1909 (1986), pp. 36-42.

 

 

Hervé Carrier, S.J.

 

 

 

 

Bibliographie:

 

 

Hervé Carrier, Lexique de la Culture. Pour l’analyse culturelle et l’inculturation. Tournai-Louvain-la-Neuve, Desclée, mai 1992 (trad. espagnole, italienne).

 

 

H. Carrier, Evangelizing the Culture of Modernity. New York, Orbis Books, 1993.

 

 

H. Carrier, Guide pour l’inculturation de l’Évangile. Rome, Libreria Editrice Vaticana, 1997.

 

 

H. Carrier, Dizionario della cultura. Per l’analisi culturale e l’inculturazione. Roma, Libreria Editrice Vaticana, 1998.