Ma vie communautaire

et ma sexualité

en tant que personne

consacrée à Dieu1

 

 La communauté: moyen pour vivre

 chastement sa sexualité

 

par Godefroy Midy s.j.

Haïti

 

Ce texte tire son origine d’une session donnée en février 2002 par le père Godefroy Midy s.j. et sœur Islène Béniste f.d.l.s. à un groupe de jeunes religieux et religieuses. Il s’inspire pour une part de notes de nombreuses conférences du père Wismick Jean-Claude s.m.m. sur le thème de la sexualité. Cette réflexion se veut aussi une source d’inspiration  pour les laïcs, hommes et femmes, qui en feront la lecture en partant de leur propre réalité. Elle conserve le style de résumé, parfois bien schématique.

 

 

INTRODUCTION

 

            C’est en tant que religieux consacré à Dieu, que je veux réfléchir avec vous qui êtes aussi religieux et religieuses consacrés à Dieu, sur ma vie en communauté avec d’autres, et sur ma vie d’être sexué. C’est donc devant Dieu Père, Fils, Esprit et avec Dieu Père, Fils, Esprit que je vais méditer sur le mystère de mon être en communauté, et le mystère de mon être sexué; je fais cette réflexion à la fois comme homme, chrétien, religieux avec vous qui êtes homme-femme, chrétien-chrétienne et religieux-religieuse.

 

            Il existe plusieurs niveaux ou dimensions de lecture qui me feront me trouver en face de mystères à vivre, et en même temps de questions à résoudre. Je ne veux ni oublier les  questions et problèmes posés par ma vie en communauté et de ma sexualité, ni oublier non plus le mystère de la communauté et de la sexualité. Je veux tout regarder avec les yeux même de Dieu, considérer tout ce qui est moi-même, sans rien laisser de côté, avec les critères de Dieu. Quand je dis «MA VIE SPIRITUELLE», cela englobe donc questions et mystères à tous les niveaux. En effet, la vie spirituelle comprend et touche tous les aspects de ma vie, tous les niveaux, toutes les dimensions, tous les détails de ma vie que je suis appelé à intégrer et à vivre à la manière du Christ, selon l’Esprit du Christ.

 

            Considérant ainsi la vie spirituelle, le terme relation est un terme clef. Dieu Trinitaire est relation, relation d’amour, de communion entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Chacun est don à l’autre et reçoit le don de l’autre. La personne humaine est relation, relation de l’un à l’autre, don de soi à l’autre. Tout est «RELATION».

 

 

LE PROJET DE DIEU

 

             Je suis un réseau de relations: relation avec Dieu Père, Fils, Esprit; relation avec les autres; relation avec moi-même; relation avec la Nature, l’Univers.  C’est ainsi que Dieu l’a voulu dès l’origine. L’homme a été créé relationnel. Dans le premier récit que le livre de la Genèse nous donne de la création de l’homme (chapitre 1), il est écrit que Dieu place l’homme en relation avec toute la création, «les oiseaux du ciel, les bestiaux, les bêtes sauvages» (v. 26) pour qu’il les domine. L’homme est donc placé au cœur de la création. Mais Dieu a voulu davantage pour l’homme; il a voulu le mettre en relation privilégiée avec Lui-même; c’était son plus grand désir: «Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance» (v. 26). Et c’est ce qu’il fit: «Dieu créa l’homme à sa ressemblance, à l’image de Dieu, il le créa» (v. 27), et le texte ajoute immédiatement: «homme et femme, il les créa». Donc dès l’origine, il le créa être sexué. Le texte ne dit pas «homme ou femme», mais «homme et femme». Ainsi, l’homme réalise le plus intimement sa ressemblance avec Dieu, quand lui, être sexué, il est défini en relation avec un autre être sexué. Le premier homme a été créé sexué et relationnel. C’est ce que nous sommes encore aujourd’hui.

 

            Dans le deuxième récit de la création de l’homme (Gn chapitre 2), il est écrit quelque chose de semblable, mais en d’autres mots. Dieu avait créé Adam avec de la glaise, et l’avait placé dans le Jardin en Éden, un «paradis». Mais Adam était seul. Alors Dieu dit: «Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie» (v. 18). Et Dieu créa les bêtes sauvages et les oiseaux du ciel, auxquels l’homme donna des noms. Mais l’homme demeurait seul, sans trouver l’aide qui lui soit assortie. Alors Dieu tira de l’homme lui-même de quoi façonner la femme; il amena celle-ci à l’homme: «Alors l’homme s’écria: ‘Voici l’os de mes os, la chair de ma chair’» (v. 23). C’est un autre moi-même, une aide qui m’est maintenant bien assortie. Et le texte ajoute: «C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair» (v. 24). L’homme ne peut vivre seul; il lui faut d’autres êtres, qui lui sont égaux, avec lesquels il sera mis en relation. Ces relations avec les autres deviendront tellement importantes, qu’elles l’amèneront à quitter son père et sa mère (c’est-à-dire le milieux familial, avec ses relations chaudes et sécurisantes), pour vivre une réalité qui apportera fécondité et donnera la vie. Tel était à l’origine le plan de Dieu.        

 

            Nous connaissons bien le chapitre 3 du livre de la Genèse. C’est le récit de la chute, de la faute d’Adam et Ève, de la rupture. Dans un langage imagé, l’auteur nous dit que le projet de Dieu a été brisé. Rupture de relation d’avec Dieu, rupture de relation entre Adam et Ève qui s’accusent mutuellement, rupture d’innocence sexuelle, la nudité devenant lieu de honte. Dans ce chapitre se trouve décrite l’expérience profondément humaine - de tous les hommes à toutes les époques - de la brisure relationnelle et de la blessure dans la sexualité humaine. Mais Dieu n’a jamais abandonné l’homme à lui-même. Il a toujours voulu garder Alliance avec l’homme, même déchu. C’est pourquoi il a envoyé son Fils parmi les hommes. «Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous» (Jn 1:14). Il a pris notre corps d’homme (sexué) pour nous racheter: au prix de sa vie il a voulu nous faire vivre une nouvelle manière d’être avec Dieu, avec les autres, avec nous-mêmes.

            L’homme (et la femme) d’aujourd’hui reste un grand mystère. Il porte en lui un projet plein de beauté. Hélas, c’est un projet qui a été brisé. Mais Jésus est venu, et il a tout racheté. C’est cela le mystère humain: nous sommes à la fois beaux, brisés et rachetés.  C’est pourquoi les choses ne sont ni simples, ni faciles. Notre vécu de tous les jours est complexe et laborieux. Il y a en nous parfois de profondes blessures dans notre sexualité.  Il nous met en face de choix à faire, questions à répondre, de problèmes à résoudre, et bien souvent de batailles à livrer durement. Nous sommes  mystère et questions à résoudre! Je suis en même temps mystère et questions à résoudre!

 

 

LE CHRIST: AU CŒUR DE NOTRE VIE

 

            Au centre de ces relations, il y a mon corps. Et mon corps, ce n’est pas quelque chose d’extérieur à moi, quelque chose que je possède, que j’ai. Non. Je suis mon corps. Ce que je suis «prend chair» dans mon corps. Je ne suis rien sans mon corps. Et mon corps porte son histoire qui est aussi la mienne. De même, je puis dire que ma sexualité n’est pas quelque chose d’extérieur à moi. Elle est moi, un élément constitutif de moi. Je ne suis pas que ma sexualité, mais je suis aussi ma sexualité. Et mon histoire, c’est aussi l’histoire de ma sexualité (avec ses grandeurs et ses misères). L’une et l’autre sont intimement imbriquées.

 

             De la même façon, ma foi et ma spiritualité, ce ne sont pas des choses à l’extérieur de moi, quelque chose que «j’ai». Non. Ma foi, c’est une vie, c’est la mienne. Et elle a une histoire. Ma foi, c’est l’histoire du croyant en Dieu et du disciple de Jésus que je suis. Ma vie spirituelle, c’est une histoire où Dieu n’est pas en dehors de moi; il est en moi; il est la Vie de ma vie, l’Intérieur de mon intérieur. Pour parler comme saint Augustin, «Dieu est plus intime à moi que le plus intime de moi-même». Dieu est toujours là. Il est Quelqu’un, le Vivant. C’est moi qui ne suis pas toujours là. Telle est mon histoire avec Dieu. Et mon histoire avec Dieu ne se vit pas «seul avec Lui», elle se vit avec tout mon être, à travers tout mon être, tout ce que je suis, y compris mon corps et ma sexualité. Ma vie spirituelle est donc marquée aussi par mon corps et par ma sexualité.

 

            De la même façon, mes rapports avec les autres seront marqués par ma sexualité, par ma façon d’être homme ou femme (car je ne suis ni ange, ni pur esprit), par ma psychologie masculine ou féminine. Cela est vrai en général, mais cela est vrai aussi dans ce que je vis à l’intérieur de ma propre communauté, avec mes frères ou sœurs en communauté. A cela s’ajoute notre engagement commun dans le vœu de chasteté.

 

            Chaque membre de la communauté, par son choix de chasteté consacrée, exprime son option pour le Royaume. A cause de Dieu, à cause de Jésus, non par peur ou par mépris de la sexualité, il a renoncé librement à l’exercice habituel de la sexualité.  Il n’a pas renoncé à sa sexualité (ce qui est impossible). Il l’exprimera autrement, par sa disponibilité chaleureuse, par l’amour et le service, par son ouverture joyeuse aux autres, et surtout par une vie d’intimité avec le Christ. Il trouvera à certains moments la solitude, même dans la vie communautaire: elle sera choisie pour une rencontre privilégiée avec Dieu. Il touchera aussi sa fragilité; la chasteté ne se vit pas sans lutte. Il lui faudra être prudent, en restant confiant dans le soutien de Dieu. Liés par ce choix évangélique commun, nous sommes tous engagés dans la suite du Christ partageant une même spiritualité et un même charisme, sous la bannière d’un fondateur, d’une fondatrice, qui a été appelé(e) par l’Esprit-Saint pour faire à la société et à l’Église le don d’une communauté religieuse ou d’un institut séculier.

 

            De toute vie communautaire religieuse on peut dire ceci: au centre de la communauté, il y a Dieu. Dieu est le Fondement et le Sens de ma communauté.  Avec Dieu, la vie communautaire est une bénédiction. Mais sans Lui, la vie en communauté peut être vécue comme une malédiction, comme un enfer. Sans Dieu, elle peut devenir uniquement «des problèmes à résoudre»! On peut dire la même chose au sujet de la sexualité. Elle peut être vécue comme une bénédiction ou bien comme «des problèmes à résoudre». Ma vie de communauté est un don de Dieu; ma sexualité est un don de Dieu.

 

            Si Dieu est au cœur de ma vie de communauté, et s’il est au cœur de ma sexualité, alors la parole (ou plutôt l’expérience) de saint Paul résume bien tout ce que nous avons essayé de dire jusqu’ici. «Pour moi, dit Paul, vivre c’est le Christ». Et comme il n’y a qu’une seule vie, une vie cependant qui a plusieurs niveaux, vivre notre sexualité, c’est le Christ; vivre notre vie communautaire, c’est le Christ. Tel est le projet que Dieu nous propose: vivre le Christ comme étant notre vie, en le laissant habiter tous les aspects de notre vie, ceux-là et tous les autres.

 

            Nous proposons la démarche suivante:

a) avoir une foi forte pour bien comprendre

b) bien comprendre pour assumer

c) assumer pour témoigner

 

            Autrement dit: Plus je crois en Dieu (dans le sens de m’appuyer sur Lui comme un rocher solide), plus je comprendrai ce qu’est la communauté et ce qu’est la sexualité. Plus je comprendrai,  mieux je l’assumerai. Plus je l’assumerai, plus je témoignerai et servirai. On peut également affirmer que plus on comprend, plus cela confirme la foi; plus on assume et vit ce que l’on comprend, plus cela illumine notre foi. Plus on témoigne de ce l’on croit, comprend et vit, plus on devient serviteur.

 

A)  UNE FOI FORTE POUR COMPRENDRE

 

            Une foi forte

 

            La foi vraie, c’est s’appuyer sur Quelqu’un, sur Dieu, comme sur un Rocher solide. Appuyés sur Dieu, nous nous mettons à chercher. Et le processus ne s’arrêtera  jamais. La foi enclenche en nous un processus qui nous fait aller de recherche en recherche. Ainsi nous connaissons Dieu, et ne le connaissons pas encore! Alors il faut continuer de le chercher. Dès que nous arrêtons de le chercher, ce n’est plus Dieu que nous trouvons, c’est une idole. Ainsi nous connaissons la personne humaine et ne la connaissons pas encore! Dès que nous arrêtons de la chercher, ce n’est plus la personne humaine que nous trouvons, c’est une chose. Ainsi nous nous connaissons et nous ne connaissons pas encore! Dès que nous arrêtons de chercher à nous connaître, nous devenons une chose, alors que nous sommes un mystère, une histoire toujours à déchiffrer. C’est pourquoi depuis toujours l’homme cherche à comprendre l’homme. Aujourd’hui nous faisons appel surtout à la philosophie contemporaine (plutôt qu’à la philosophie grecque et classique), et aux sciences humaines (dont la psychologie) et sociales pour continuer de déchiffrer cette énigme que nous sommes. Articuler psychologie et spiritualité est passionnant. Apprendre, c’est toujours «apprendre à apprendre». C’est un long apprentissage. Chaque fois que nous arrivons à nous connaître un peu plus, c’est la plus passionnante de toutes les recherches; et chaque découverte sur nous-mêmes est exaltante!

 

            Apprendre à articuler psychologie et spiritualité, foi-réfléchie (théologie) et foi-vécue (sainteté et témoignage), sexualité et chasteté, chasteté et célibat consacré, cela n’est possible que si l’on exclut la dichotomie et la division en compartiments de sa vie. Pour citer Maurice Zundel: «Il n’y a pas deux mondes, en effet, dont il faudrait mépriser l’un pour gagner l’autre. C’est le monde où nous nous trouvons qu’il s’agit de diviniser. Il n’y a pas deux vies, celle de maintenant qui ne devrait compter pour rien, et celle d’après à laquelle il faudrait sacrifier la première. C’est la vie ici-bas qu’il s’agit d’éterniser, en faisant des passions ordonnées, le clavier des vertus (Maurice Zundel, Hymne à la joie, Anne Sigier, Québec 1992, pp 67-68).

 

            Une foi forte pour comprendre:

                         a) Ma vie en communauté : nous renvoyons au Bulletin de Liaison du Centre Pedro-Arrupe, Vol V, no 2, juin 2000: Pour l’apprentissage de la vie en groupe: LA VIE EN COMMUNAUTÉ.

                        b) Ma communauté comme un des moyens pour vivre chastement ma vie de communauté.

 

            Ces deux parties s’appellent l’une l’autre, car la vie communautaire et la chasteté du célibat pour le Royaume sont deux aspects essentiels de la vie consacrée. Clarifions dès le départ que ce n’est pas n’importe quelle communauté qui aidera à vivre chastement la sexualité. Seule une communauté de qualité donnera vie à la chasteté. Inversement, le célibat bien intégré, humainement et spirituellement, est une bénédiction pour la vie communautaire. Tous les deux, communauté de la vie religieuse et célibat consacré, sont des lieux de rencontre avec Dieu, avec les autres, avec l’univers, avec soi-même. Ce sont deux lieux fragiles à travers lesquels se vit le mystère pascal de mort et de vie, de Vendredi Saint et de Dimanche de Pâques. Impossible de les vivre comme Dieu l’attend de nous, sans des décisions quotidiennes. Or chaque décision est une Pâque, c’est-à-dire demande de verser quelques gouttes de sang. Heureusement, les décisions à la fidélité procurent des joies qui dépassent les souffrances et sacrifices, d’où la communauté et la chasteté de la sexualité sont des lieux d’adoration, de louange, de prière et de fête en même temps que des lieux de pardon, de miséricorde et de patience envers les autres et envers soi-même. Lieux fragiles, oui, mais lieux possibles de sainteté, la sainteté des gens fragiles et imparfaits. Pour que nous n’ayons pas peur de notre fragilité et que nous sachions l’accueillir et l’assumer, Dieu lui-même s’est fait fragile en Jésus-Christ :«Le verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous» (Jn 1:14).

 

 

            Une foi forte pour comprendre sa sexualité

 

            Ici, il y a beaucoup d’approches qui s’offrent pour bien comprendre ce qu’est la sexualité, ce qu’est ma sexualité. Chacune de ces approches dit quelque chose de différent, et toutes se complètent l’une l’autre. Nous renvoyons à des ouvrages plus spécialisés pour le détail. En bref, on peut parler de

            1) l’approche philosophique de la sexualité (dans ses dimensions biologique, affective et relationnelle),

            2) de l’approche psychologique (entre autre l’approche psycho-génétique avec Freud et Erikson qui expliquent la sexualité à travers les différentes phases du vécu humain).

            3) L’approche biblique et spirituelle (comme nous l’avons vu plus tôt).

 

Chacune de ces approches traitera à sa manière la sexualité, comme lieu de désir, de plaisir, comme lieu de joie et de souffrance humaine. L’approche spirituelle parlera aussi plus explicitement du célibat, du renoncement pour le Royaume, etc.

 

 

B)  ASSUMER SA SEXUALITÉ

 

            1 - Reconnaître son identité sexuelle:

                        * différence entre sexe masculin et sexe féminin: complémentarité, unité dans la différence.

                        * différence entre psychologie masculine et psychologie féminine: complémentarité et différence à ne pas ignorer.

            2 - Habiter son corps: comme étant soi-même. Habiter et aimer son corps.

            3 - Nommer ses désirs et les regarder en face. Il ne s’agit ni de les nier, ni de les fuir, mais plutôt de les orienter et les canaliser.

            4 - Développer des amitiés saines: être honnête envers soi-même et envers l’autre. Si notre amitié est saine, elle est un trésor, une bénédiction. Sinon elle est un danger, car elle ne fait pas grandir. (voir section suivante 3e moyen). 

            5- Intégrer affectivité et communauté:

                        * Renoncer à un partenaire exclusif pour vivre en communauté

                        * La communauté ne peut remplacer ce partenaire exclusif

                        * La communauté ne peut pas non plus être un désert humain là où il n’y a pas d’affection. Elle doit être un lieu où l’on perd son temps ensemble, là où l’on prie ensemble, où l’on s’amuse ensemble, où l’on travaille ensemble. Les membres de la communauté attendent estime, accueil, affection, joie, confiance. Toute joie vient de ce qu’on aime et de ce qu’on est aimé.

 

 

C)  COMMENT VIVRE SA SEXUALITÉ

 

joyeusement          heureusement          chastement

 

1er moyen: Bonne connaissance et acceptation heureuse de sa sexualité

 

2e moyen : Une communauté où est créé un espace de bonheur, de joie, aide à vivre chastement sa sexualité; Réflexion sur la vie en communauté (Cf. Bulletin de Liaison. Vol. V, no 2, juin 2000.)

            Trois signes vitaux d’une communauté: prier, manger, jouer ensemble

 

3e moyen pour vivre sa sexualité et sa vie communautaire, c’est l’AMITIÉ.

            - réflexion sur l’amitié en général: Elle est une bénédiction et un trésor, i.e. la vraie amitié.

            - réflexion sur l’amitié des consacré(e)s. Le religieux, la religieuse, ne peut pas vivre sans une amitié saine, qui doit se vivre en référence à son célibat consacré.

            - Une personne consacrée peut-elle cultiver une amitié hétéro-sexuelle? Oui, mais dans la vérité et l’honnêteté envers soi-même, i.e. d’après le sens qu’elle a choisi librement et joyeusement de donner à sa vie.

4e moyen pour vivre chastement et joyeusement sa sexualité et sa vie communautaire:

            l- l’eucharistie

            2- le sacrement de réconciliation

            3- un conseiller (ère) spirituel

            4- révision de vie, ou examen spirituel du conscient, i.e. dans le silence et la prière, refaire chaque jour le bilan de notre alliance avec Dieu et avec l’Église sur notre célibat consacré en communauté.

 

5e moyen pour vivre chastement et joyeusement sa sexualité et sa vie communautaire: la CONTEMPLATION ( silence, prière devant Dieu) et la COMPASSION (amour, miséricorde, tendresse, envers ses frères et sœurs).

 

6e moyen pour vivre chastement et joyeusement sa vie sexuelle et communautaire:

            - la dévotion à la très Sainte vierge Marie (chaste épouse de Joseph)

            - la dévotion à saint Joseph (chaste époux de Marie)

            - la dévotion à sainte Thérèse de l’enfant-Jésus (sainteté des gens fragiles). Elle est un modèle de sainte, qui nous rappellera que la sainteté est la vocation de tous les gens fragiles que nous sommes, tous et toutes.

 

 

CONCLUSION

 

            C’est un homme concret, c’est une femme concrète qui vit la sexualité et la communauté, à la fois comme mystère et problème. Sexualité et communauté sont donc deux lieux à la fois divins et humains, ou mieux deux dimensions, deux façons d’exister et d’entrer en relation profonde avec Dieu, avec ses frères et sœurs, et avec soi-même. Tout ce qui peut nous aider à en faire des espaces de communion, de générosité et de croissance, est bienvenu. Les grandes découvertes de la psychologie sont bienvenues. Une belle spiritualité qui accueille l’homme et la femme dans tous les aspects de leur être, comme fils et fille du Père, comme frère et sœur de Jésus, temple de l’Esprit-Saint, une telle spiritualité aide à grandir humainement et divinement dans un processus d’incarnation qui ne finira jamais, jusqu’au moment de la plénitude et de la transfiguration totale.

 

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Godefroy Midy s.j.

Centre Pedro-Arrupe,

Port-au-Prince,

Haïti



                1 Bulletin de Liaison du

Centre Pedro-Arrupe, Port-au-Prince, Haïti.

Vol. VIII, no 1 (avril 2003).