« Voilà ce que firent les soldats »

Jean 19, 23-24

 

 

 

v. 23 - Les soldats, lorsqu’ils eurent crucifié Jésus,

 

prirent ses vêtements et firent quatre parts, une part pour chaque soldat, et la tunique.

 

Or la tunique était sans couture, tissée tout d’une pièce à partir du haut.

 

v. 24 - Ils se dirent donc entre eux:

 

«  Ne la déchirons pas,

 

mais tirons au sort qui l’aura »:

 

afin que l’Écriture fût accomplie:

 

Ils se partagèrent mes vêtements,

 

et mon habit, ils le tirèrent au sort.

 

Les soldats donc firent cela.

 

 

 

Introduction

 

Quand on se trouve devant un texte codé, on pourrait réagir ainsi: soit démis­sionner parce qu’on ne veut pas s’engager dans un travail difficile qui risquerait de ne pas aboutir soit opter avec passion pour la recherche sachant qu’elle en vaut la peine, bien qu’elle comporte toujours le risque de ne pas tout comprendre le mystère d’un texte. Un esprit curieux, piqué par le désir de connaître le secret caché dans un texte, préférera toujours le risque à la démission, mais il essaiera par toutes sortes de contrôles d’éviter le plus possible les fausses pistes.

 

 

C’est dans une telle situation que se trouve celui qui aborde un texte de l’Évangile de Jean. Tout disciple de Jésus qui ouvre l’Évangile de Jean, se trouve devant un texte codé et il lui faut trouver la clé d’interprétation. Dans tous les récits de son évangile, Jean écrit en supposant que son lecteur dépassera le niveau anecdotique de la première lecture (v.g. les Noces de Cana). Ce premier niveau est simple et facile à comprendre, mais il cache un second niveau, la lecture de foi. On peut bien dire: « Moi, je ne veux pas me tromper et je reste au premier niveau ». C’est une option possible, mais, dans une telle option, la ri­chesse de la pensée de Jean échappe totalement. Aussi l’Église a toujours cher­ché à approfondir la pensée de Dieu cachée dans les textes de Jean, sachant qu’elle ne réussira jamais à décoder parfaitement toute la richesse de la pensée divine révélée dans les textes. Ceux-ci sont toujours plus riches que ce qu’on peut en dire. C’est pourquoi chaque génération de chrétiens doit reprendre le travail et chercher à pousser plus loin l’intelligence de la pensée de Dieu.

 

 

Ce que nous venons de dire vaut tout à fait pour le récit où Jean décrit l’événement du partage des vêtements de Jésus. Le texte est d’une grande sim­plicité. Pour le comprendre au niveau historique, on n’a besoin d’aucune explica­tion. On n’a qu’à lire, puis on a tout compris: après avoir mis Jésus en croix, les soldats se partagent les vêtements de Jésus. Chacun reçoit la part qui lui revient. Comme la tunique est sans couture et qu’elle semble avoir de la valeur, les sol­dats décident de ne pas la déchirer, mais de la tirer au sort. Comme dit Jean: « Les soldats donc firent cela ». On a là l’événement. On pourrait s’arrêter ici sans se poser d’autres questions.

 

 

Mais Jean, dans son récit de la Passion, présente aussi sa lecture de foi: c’est le second niveau de lecture et ce second niveau est caché dans le texte et c’est lui qu’il nous faut découvrir. Pour trouver ce second niveau, on doit se laisser guider par Jean. Tout au long de son Évangile, l’Apôtre a déjà préparé le lecteur, à tra­vers les paroles de Jésus, à bien interpréter l’événement de la Passion. Lorsque Jésus parle de sa passion, il n’emploie jamais les mots « croix-crucifier », il parle d’élévation (3, 14). Pour Jésus, sa Passion, c’est le moment de son intronisation royale, c’est le moment de son retour vers le Père, c’est le moment de sa glorifi­cation: « Et moi, une fois élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (12, 32). Contrairement aux apparences, Jésus règne sur la croix et c’est le lieu à partir duquel il attire des disciples. Quand Jean a écrit le récit de la Passion, c’est à cela qu’il pensait, c’est cela qu’il avait en tête. Mais cette interprétation n’est pas imposé au récit comme de l’extérieur, ce sens est présent dans le texte et c’est ce sens qu’il faut découvrir ou décoder.

 

 

Le petit récit du partage des vêtements n’a pas d’autre sens: c’est un moment important de l’exaltation de Jésus, de son intronisation royale. Donc ce que nous cherchons à découvrir, c’est comment le partage des vêtements par les soldats a-t-il été saisi par Jean comme partie intégrante de l’intronisation royale de Jé­sus? À travers le geste banal du partage des vêtements, qu’est-ce que Jean, dans la foi, a perçu ou compris? Jusqu’à quelle profondeur son regard a-t-il pé­nétré? Ce qui nous intéresse ce n’est pas uniquement ce que les soldats ont fait, mais ce que Jean a saisi dans le geste des soldats qui se partagent les vête­ments de Jésus. Le texte ne le dit pas explicitement. Le texte est codé. Il n’y a qu’une analyse attentive du texte qui peut nous permettre d’avoir accès à quel­que chose de la profondeur de la pensée de Jean.

 

Le cadre du récit

 

Jean a voulu, dans le récit du partage des vêtements, mettre en évidence l’agir des soldats. Ceci ressort clairement du cadre du texte:

 

 

v. 23 - Les soldats... prirent ses vêtements et firent quatre parts...

 

 

v. 24 - Les soldats donc firent cela.

 

 

L’agir des soldats a de l’importance dans l’interprétation du texte. Le regard de Jean se fixe sur ce que les soldats ont fait. L’agir des soldats ouvre et ferme le récit.

 

 

Détails qui étonnent le lecteur

 

 

Fait étonnant, Jean donne la parole aux soldats: « Ne la déchirons pas, mais ti­rons au sort qui l’aura » (v. 24). Jean aurait pu se contenter de décrire ce que les soldats ont fait. Il n’était pas nécessaire de rappeler leurs paroles. C’est leur faire grand honneur, puisque ce sont des personnages secondaires qui historique­ment ont eu peu d’importance. On peut supposer qu’il n’en est pas ainsi pour Jean: pour lui, les paroles des soldats ont une grande importance pour compren­dre l’événement du partage des vêtements en relation avec l’intronisation royale de Jésus.

 

 

Autre fait étonnant: dans le récit, Jésus ne parle pas directement aux soldats. Mais Jean, en citant le texte du Ps 22, 19, fait parler Jésus à travers un texte de l’Écriture:

 

 

Ils se partagèrent mes vêtements,

 

et mon habit ils le tirèrent au sort.

 

 

Celui qui parle dans ce texte, c’est Jésus qui met en relation l’agir des soldats avec un texte de l’Écriture. Cet agir des soldats doit avoir beaucoup d’importance: il accomplit un texte de l’Écriture. L’accent du texte porte encore ici sur l’agir des soldats et sur son sens mystérieux.

Deux témoins rendent témoignage

 

Dans ce texte du partage des vêtements de Jésus, il y a deux témoins: Jean et Jésus. Jean témoigne à travers son texte: il décrit ce que les soldats font avec les vêtements de Jésus et il rapporte leurs paroles concernant la tunique de Jé­sus. Enfin, à travers le texte du Ps 22, 19, Jésus rend témoignage sur ce que les soldats ont fait avec ses vêtements et sa tunique. Tout est concentré sur l’agir des soldats. C’est sur l’agir des soldats que porte les témoignages. C’est cet agir qui cache un secret.

 

Sens spirituel du partage des vêtements

 

Les soldats, lorsqu’ils eurent crucifié Jésus, prirent ses vêtements...et la tunique (v. 23).

 

 

Cette parole doit être comprise à l’intérieur de la théologie johannique. Pour Jean,  « crucifier » Jésus, c’est « l’élever ». Jésus en croix est devenu pour Jean le roi qui règne à partir du trône royal de la croix. C’est ainsi que Jean comprend la croix: elle n’est pas un échec, elle est le lieu de la victoire de Jésus, c’est de ce lieu que Jésus commence à régner.

 

 

Le sens du verbe « crucifier » vient éclairer le sens de l’agir des soldats: « ils pri­rent ses vêtements...et la tunique ». Dans le contexte d’intronisation royale de Jésus, les vêtements de Jésus sont perçus comme des vêtements royaux, ce sont les vêtements du roi Jésus, ce ne sont pas les vêtements d’un condamné.

 

 

Les soldats prirent ses vêtements (v. 23) (et relativement à la tunique ils dirent): tirons au sort qui l’aura (v. 24).

 

 

Dans notre recherche de la pensée de Jean, il importe de toujours procéder à partir de ce qui est plus certain. Le verbe « tirer au sort » nous permet d’aller plus loin dans notre interprétation. Ce verbe, dans la Bible, a toujours un même sens. Il ne vise pas l’agir ou l’effort de l’homme, il s’agit d’un acte de Dieu. Quand on tire au sort, c’est Dieu qui décide. Dans les Actes des Apôtres (Act. 1, 15ss), lorsque qu’on désire procéder au remplacement de Judas dans le collège apos­tolique, on « tire au sort » pour connaître qui devait prendre la place de Judas: le sort tomba sur Matthias. C’est ainsi que la volonté de Dieu s’est manifestée, c’est ainsi qu’on a connu la volonté de Dieu. Dans notre contexte, quand on tire au sort pour connaître lequel des soldats hériterait de la tunique, c’est là une ma­nière de s’en remettre à Dieu. C’est Dieu qui doit décider qui sera le détenteur de la tunique. Le soldat qui recevra en partage la tunique, c’est de Dieu qu’il la re­cevra.

 

 

Est-ce que ce sens du verbe « tirer au sort » ne pourrait pas nous guider pour l’interprétation du verbe « prendre »: les soldats « prirent ses vêtements ...et la tunique ». En grec, le verbe « elabon » qui signifie « prendre » peut aussi signi­fier « recevoir, accueillir ». Si la tunique est un don de Dieu à un soldat que Dieu a choisi, ne serait-il pas dans la logique du texte que les vêtements soient aussi un don de Dieu aux soldats? Si au niveau de l’événement historique, les soldats « ont pris les vêtements » ou se sont emparés des vêtements, au niveau de la lecture de Jean, c’est plutôt Dieu qui a donné les vêtements de Jésus aux sol­dats et ceux-ci les ont reçus (on dirait « accueillir » s’il s’agissait d’une per­sonne): « ils ont reçu les vêtements...et la tunique ». Les deux sont un don de Dieu.

 

 

Les soldats...firent quatre parts, une part pour chaque soldat (v. 23)

 

 

Pour Jean, les soldats ont donc reçu de Dieu les vêtements et la tunique de Jé­sus. Dans ce contexte, le mot « part » (meros) prend beaucoup de relief. Les vêtements ne sont plus pour Jean un butin que les soldats se partagent, mais ils deviennent la part d’un héritage. Le mot « part » a ici le même sens que dans le texte de Jean 13, 8: « Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi ». Le la­vement des pieds est tellement important pour Pierre que, si Jésus ne lui lave pas les pieds, il perd son héritage avec Jésus.

 

 

Lorsque les soldats reçoivent les vêtements royaux de Jésus en croix, Jean in­siste sur le fait que chacun reçoit sa part: « Ils firent quatre parts, une part pour chaque soldat ». Les soldats ont part à l’héritage du Christ, au royaume du Christ, symbolisé par les vêtements royaux (cf. I R. 11, 29ss.). A partir de l’événement banal du partage des vêtements par les soldats, Jean voit déjà, dans la lumière de la foi, la réalisation de la troisième annonce de la Passion (12, 32): Jésus attire à lui le monde païen. Il perçoit aussi la réalisation de la prophé­tie de Caïphe telle que réinterprétée par l’évangéliste (11, 52): c’est déjà le ras­semblement « dans l’unité » de tous « les enfants de Dieu dispersés ».

 

Comment se fait le partage des vêtements?

 

Il est intéressant de noter que le partage des vêtements se fait en trois temps. Dans un premier temps, Jean affirme que les soldats possèdent en commun les vêtements de Jésus: « Les soldats...prirent ses vêtements...et la tunique » (v. 23).

 

 

Ensuite, Jean décrit comment on passe de la propriété commune à la propriété individuelle. Ceci se fait en deux temps: d’abord les vêtements et ensuite la tuni­que qui pose un problème particulier.

 

 

Concernant les vêtements, Jean insiste sur le fait que chaque soldat a eu sa part:  « et ils firent quatre parts, une part pour chaque soldat » (v. 23).

 

 

Enfin, la tunique fait problème. Tous l’ont reçue: «  ils prirent...la tunique » (v. 23). Elle appartient donc de droit aux quatre soldats. Mais il y a une difficulté: elle est « sans couture, tissée tout d’une pièce » (v. 23). Ce qui intéresse Jean, ce n’est pas la tunique considérée en elle-même, c’est la réaction des soldats face à l’unité de la tunique: ils sont d’accord pour ne pas la déchirer. C’est en choeur qu’ils prennent position: « Ne la déchirons pas » (v. 24). Chaque soldat en conséquence est prêt à renoncer à la tunique. Dieu décidera, par le tirage au sort, qui aura la tunique: « Mais tirons au sort qui l’aura » (v. 24). Jean veut in­sister sur la manière dont les soldats reçoivent l’héritage. Ils veulent tous avoir part à l’héritage: ils reçoivent chacun leur part. Mais, pas de n’importe quelle ma­nière: ils se partagent ce qui peut être partagé, mais l’unité de la tunique doit être préservée. Les soldats entrent en possession de l’héritage avec grand respect. Ils ne veulent rien déchirer. Ils accueillent le royaume, symbolisé par les vête­ments royaux de Jésus, sans briser l’unité, symbolisée par la tunique. L’héritage est donc partagé, mais il est aussi respecté. Voilà la double attitude des soldats devant l’héritage.

 

 

Accomplissement de l’Écriture

 

 

Ils se partagèrent mes vêtements,

 

et mon habit, ils le tirèrent au sort (v. 24).

 

 

À travers un texte de l’Écriture, Jean nous donne la pensée de Jésus relative­ment au partage des vêtements par les soldats.

 

 

Au Ps 22, le Psalmiste nous présente la figure d’un homme profondément atta­ché à Dieu et déchiré par la souffrance: dans son dénuement extrême (ils parta­gent mes habits entre eux; sur mon vêtement ils font tomber le sort, v. 19), ce pauvre crie vers Dieu et dans sa douleur demande un « retournement de situa­tion »: « Ne sois pas loin de moi (v. 12)... Et toi, Yahvé, ne sois pas loin! O ma force, à mon aide, hâte-toi! (v. 20)...Sauve-moi » (v. 22). Puis, dans sa prière, le suppliant fait l’expérience d’un retournement, Dieu l’a entendu et sauvé: « Tu m’as répondu » (v. 22); (cf. Marc Girard).

 

 

Pour Jean, Jésus en croix refait la même expérience que l’orant du Ps 22: Dieu lui a répondu. Le partage des vêtements et de la tunique s’est transformé pour Jésus en une expérience heureuse: là, on n’assiste pas à la dilapidation des biens de Jésus, mais à l’entrée des païens dans le Royaume. Les païens « accueillent » le Royaume de Jésus, avec empressement, chacun veut sa part, et avec respect, on ne déchire pas la tunique. À travers le texte de l’Écriture, Jé­sus exprime sa joie. Pour lui se réalise vraiment le Ps 22, 28s: « Tous les loin­tains de la terre se souviendront et reviendront vers Yahvé, toutes les familles des nations se prosterneront devant lui. À Yahvé la royauté, au maître des na­tions! » Dans le partage de ses vêtements par les soldats, Jésus voit toutes les nations accourir vers le Royaume.

Les soldats donc firent cela.

 

C’est ainsi que se termine le récit du partage des vêtements de Jésus. Pour mieux comprendre le sens de cette phrase, il importe de la traduire littéralement:  « D’une part (men), les soldats donc firent ces choses ». Or, on se doit de re­marquer que le commencement du récit qui suit immédiatement se traduit ainsi: « Se tenaient, d’autre part (de), près de la croix de Jésus, sa mère et la soeur de sa mère... ». Les deux récits, celui du partage des vêtements et celui des adieux de Jésus à sa mère, sont au niveau littéraire reliés entre eux. Nous n’étudierons pas ce texte des adieux de Jésus, nous l’avons déjà fait dans une étude pré­sentée dans le Bulletin de Liaison (Vol III, no 2, pp. 22-28), mais nous aimerions montrer rapidement comment le récit du partage des vêtements par les soldats ne reçoit tout son sens que si nous le relions au récit des adieux de Jésus.

 

 

Nous avons vu que, pour Jean, les soldats reçurent (prirent, elabon) les vête­ments de Jésus en héritage. Maintenant, dans le récit des adieux de Jésus, on remarque que le disciple que Jésus aimait accueille (prit, elaben) la mère de Jé­sus chez lui: c’est son héritage. Dans les deux scènes, on assiste au partage de l’héritage de Jésus. Dans la vision de foi de Jean, Dieu donne aux soldats les vêtements de Jésus, et, dans l’autre scène, Jésus donne au disciple qu’il aime, sa mère.

 

 

Dans le récit des adieux de Jésus, le disciple a beaucoup d’importance: c’est celui que Jésus aimait, c’est celui avec qui Jésus a fait alliance. Toute sa gran­deur lui vient du fait qu’il a été aimé par Jésus. Ce disciple symbolise tout disci­ple, qu’il soit juif ou païen.

 

 

C’est ce disciple qui accueille la mère de Jésus dans son intimité. Mais, de là, on ne pourrait conclure que c’est lui qui a le rôle important à jouer. La mission, c’est la mère de Jésus qui l’a reçue quand Jésus l’a appelée «  Femme ». Chez Jean, ce titre, dans la bouche de Jésus, est toujours relié à une mission de fécondité dans l’ordre de la foi (4, 21; 20,15). Ce rôle de fécondité spirituelle de la mère de Jésus, on le trouve exprimé dans l’unique parole qu’elle prononce dans l’Evangile: « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2,5). En l’absence de Jésus, la mère du disciple a pour mission de veiller à la qualité de l’alliance entre Jésus et le disciple que Jésus aimait. Le rôle de la mère du disciple, c’est d’inviter le dis­ciple à une parfaite docilité à la parole de Jésus.

 

 

Ce qui vaut pour le disciple que Jésus aimait vaut aussi pour tout disciple, qu’il vienne du monde juif ou du monde païen. Les soldats, qui symbolisent les païens qui croiront en Jésus, reçoivent aussi la mère de Jésus comme leur mère qui doit veiller à la qualité de leur docilité à la Parole de Jésus: car ils sont, eux aussi, des disciples que Jésus aime.

 

Conclusion

 

Pour Jean, Jésus est intronisé roi à la croix. Là, Jésus commence à régner. À la croix, Jésus n’est pas un roi solitaire: il y a le disciple que Jésus aimait, figure de tout disciple. Il y a aussi les soldats. Ils ne sont pas disciples de Jésus, mais Jean, à la lumière de sa foi, voit dans leur manière de procéder un signe de l’entrée des païens dans le royaume de Jésus: ils auront « part » au Royaume de Jésus et, on n’a rien à craindre, ils ne le déchireront pas. Conformément à la Parole de Jésus, déjà à la croix, Jésus attire à lui toute l’humanité (12, 32). Mais cela n’est visible qu’à travers des signes.

 

 

André Charbonneau, S.J.

 

Haïti